Posts Tagged ‘États-Unis’

25 octobre, 2011

Chaînes d’approvisionnement mondiales- Est-il temps de revenir en arrière?

Il semble y avoir une remise en question des stratégies de fabrication outre-mer. Il y a plus de trois décennies, les entreprises nord-américaines ont décidé que la meilleure stratégie de réduction des coûts était de se tourner vers la fabrication dans les pays asiatiques et d’autres pays en développement. On constate aujourd’hui que certains nouveaux éléments sont de plus en plus considérés et contribuent à remettre en question la pertinence de cette stratégie. Ceux-ci incluent entre autres l’augmentation des coûts de production en Chine et en Inde, les coûts de transport de plus en plus volatils, les risques de rupture dans la chaîne lorsqu’on s’éloigne de sa base, ainsi que la faiblesse de la réglementation touchant la qualité et la protection de la propriété intellectuelle. Il y a aussi d’autres facteurs positifs à considérer dans une décision de rapatriement éventuel en Amérique du Nord, tels que l’accès à des ressources de plus haut calibre, la facilité d’adopter des processus automatisés et l’accès à des réseaux de transport nord-américains étendus. Tous ces facteurs sont de nature à amener les dirigeants à repenser la stratégie de « Inventé ici, mais produit là-bas ». (Lire la suite…)


9 février, 2011

Douanes américaines: l’étau se resserre, êtes-vous prêts?

La chute de 31 % des importations de marchandises à la frontière américaine entre le troisième trimestre de 2008 et le troisième trimestre de 2009, a fait aussi chuter  les redevances douanières de l’agence américaine Customs and Border Protection (CBP). Comme l’expliquait Thomas Winkowski, commissaire adjoint du CBP, lors de sa conférence « U.S. Canada Border Issues and Priorities »1, puisque l’agence est autofinancée, cette baisse des redevances a entraîné l’abolition de 950 postes. Ces emplois n’ont toujours pas été remplacés et avec les perspectives de reprise économique incertaines aux États-Unis, rien n’indique qu’ils le seront d’ici tôt. Donc, le CBP a un besoin criant de hausser ses revenus. Si les importations américaines n’augmentent pas, il lui faudra hausser les amendes et les droits de douanes perçus. Il faut donc s’attendre à ce que les employés du CBP soient de plus en plus vigilants et exigeants.

En tant qu’exportateur, il faut donc être prêt à répondre aux demandes d’inspections et d’informations du CBP. De plus en plus d’entreprises québécoises reçoivent des «Notice of Action» des douanes américaines.  Celles-ci peuvent, par exemple, demander les pièces justificatives de contenu nord-américain par rapport à des exportations faites au cours des quatre dernières années. Elles peuvent aussi aviser n’importe quelle entreprise exportatrice que leurs agents passeront dans ses installations pour valider qu’en entrepôt, on opère une séparation entre les biens nord-américains et les biens internationaux.

En raison du ralentissement généralisé, depuis quelques années, du commerce mondial qui affecte les revenus douaniers de tous les pays, nous pouvons supposer que ce resserrement des contrôles ne touchera pas seulement les douanes américaines. Dans un tel contexte, il serait désormais plus que souhaitable que les entreprises québécoises gèrent leurs démarches logistiques et douanières avec beaucoup de rigueur. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Comme nous le mentionnaient nos collègues du MDEIE, suite au projet d’accompagnement en conformité douanière et logistique réalisé l’année dernière avec l’Institut international de logistique de Montréal (IILM), plusieurs entreprises québécoises affichent des lacunes dans la gestion des procédures douanières et logistiques.

Voici quelques exemples de situations problématiques qui ont été identifiées lors du projet d’accompagnement avec l’IILM :

-  Une entreprise importe un produit d’Asie. Son fournisseur lui fournit les codes SH et lui assure que le produit est en franchise de droits de douane. Cependant, on se rend compte que personne n’a jamais vérifié.

-  Une entreprise s’approvisionne en produits à l’étranger selon l’Incoterm DDU et tous les frais de transport et de douane sont inclus dans sa facture. Malgré tout, l’entreprise laisse au vendeur le choix du mode de transport à utiliser, de la route à emprunter, du délai, de la classification douanière, du choix du courtier en douane et c’est l’entreprise acheteuse qui au final paie la facture. En outre, il est importateur au registre et assume entièrement la responsabilité de la déclaration en douane émise par un courtier qu’il n’aura pas choisi.

-  Une entreprise réutilise toujours le même modèle de document déclaratoire avec le nom et la signature d’une personne qui ne travaille plus dans l’entreprise.

- Une entreprise reçoit la visite de la CBP pour un audit et doit ressortir tous les documents pertinents pour justifier l’origine des produits [Bill of Materials] exportés aux USA  pour les quatre dernières années.

De tels constats nous rappellent à quel point il est facile de négliger certains aspects, pourtant critiques, de la gestion des procédures douanières et logistiques. Par négligence ou par manque de connaissance, plusieurs entreprises s’exposent à des risques d’erreurs et d’amendes de plus en plus importants.  Il devient donc plus nécessaire que jamais pour les entreprises de revoir leurs procédures et faire les corrections appropriées pour éviter que des erreurs flagrantes aient des conséquences très dommageables pour les activités de l’entreprise.

J’en profite pour mentionner qu’il est encore possible de s’inscrire à notre programme de formation-coaching en chaîne d’approvisionnement et logistique. Hâtez-vous cependant, la formation-coaching démarre le 15 février et il ne sera pas possible de s’inscrire par la suite.

Le MDEIE organise également une formation gratuite sur l’exportation aux États-Unis, la conformité douanière et la logistique, le jeudi 10 février, au Centre de commerce mondial à Montréal.

En ce sens, n’hésitez pas à communiquer avec nous pour en savoir davantage sur ces deux activités et sur le sujet des douanes en général.

1 Conférence prononcée lors du colloque The Can /Am Border Trade Alliance en septembre 2009 à Washington D.C.

Bruno Séguin


25 octobre, 2010

Le marché des technologies vertes aux États-Unis

Aux États-Unis, les technologies vertes représentent un des marchés les plus prometteurs pour les années à venir, notamment dans le Nord-Est. En effet, selon une étude réalisée au printemps 2010 par ECG Consulting Group pour le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, dont les résultats sont disponibles ici, de nombreux segments de marché des secteurs de l’environnement et des technologies propres connaissent présentement des taux de croissance supérieurs à 10 %.

Le développement du marché est soutenu par une réglementation plus stricte en matière environnementale, visant notamment à lutter contre les changements climatiques, les objectifs des États-Unis de réduire leur dépendance énergétique à l’égard du pétrole du Moyen-Orient et l’intérêt grandissant des entreprises américaines de se montrer sensibles aux questions environnementales.

Un article du journal Les Affaires du 29 mai dernier identifiait quatre tendances particulièrement intéressantes pour les entreprises québécoises aux États-Unis :

Amélioration de l’efficacité des moteurs et la réduction du poids des véhicules de transport afin de réduire leur consommation de carburant et leurs émissions de gaz à effet de serre (occasion d’affaires pour le secteur de l’aluminium et des matériaux légers) ;
Réduction des émissions de GES dans les centrales utilisant des carburants fossiles (occasion d’affaires pour les technologies qui capturent le gaz carbonique) ;Augmentation de la part des énergies vertes dans la production énergétique domestique aux États-Unis (occasion d’affaires pour la réfection de centrales hydroélectriques ou la fabrication d’éoliennes) ;
Modernisation du réseau électrique qui devrait nécessiter des investissements d’environ 30 G$CA d’ici 2017.

De son côté, l’étude d’ECG Consulting Group conclut que, sur le marché des énergies vertes dans le Nord-Est des États-Unis, les meilleures occasions d’affaires pour les entreprises québécoises se trouvent dans les secteurs très larges de la qualité de l’air, de l’eau et des sols. Le secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique offre également de belles possibilités, mais la concurrence locale y est très forte, ce qui complique beaucoup l’accès au marché. Finalement, le secteur de la gestion des matières résiduelles arrive en fin de liste en raison des différences importantes entre les besoins de la clientèle du marché de la gestion des matières résiduelles du nord-est des États-Unis et ceux de la plupart des clients actuels des entreprises québécoises du secteur.

L’accord sur les marchés publics conclu entre le Canada et les États-Unis en février 2010 a permis d’assouplir les clauses Buy American, donnant ainsi aux entreprises québécoises un accès plus étendu aux marchés publics sous-étatiques. Le secteur privé offre également de bons débouchés. Néanmoins, le marché étant très concurrentiel et difficile à percer, il est essentiel que l’entreprise québécoise élabore une stratégie détaillée et basée sur une analyse approfondie du marché avant de s’y lancer.

Voici quelques-unes des principales recommandations à ce sujet proposées par l’ECG Consulting Group (page 3 du sommaire du rapport) :

« Offrir des produits et des services qui répondent aux besoins de la clientèle et qui présentent des sources d’avantages concurrentiels uniques à des prix qui le sont tout autant. Ainsi, il sera possible de contrer toute perception protectionniste contre les entreprises étrangères.
Fournir au client des propositions différenciées pour leurs produits et leurs services, qui sont claires, concises, attrayantes et formulées dans le cadre d’une présentation professionnelle.
Lier étroitement les stratégies de marketing mises en place aux exigences de vente et de service du segment de marché ciblé.
Conclure des accords d’alliance stratégique, de coentreprise et de recherche de possibilités conjointes auprès d’entreprises américaines qui pourraient s’avérer nécessaires pour accéder à certains débouchés en raison des restrictions de financement ou des préjugés contre l’octroi de contrat à des sociétés étrangères. À titre d’exemple, la plupart des subventions, des mesures incitatives et des programmes mis en place par les États visent à soutenir les entreprises locales. Les entreprises étrangères n’y sont pas admissibles, à moins qu’elles ne forment un partenariat avec une entreprise locale ou qu’elles ouvrent un bureau sur place, dont 50 % des employés seraient des résidents de l’État.
Conclure des contrats de licence, au besoin. De tels contrats sont souvent exigés pour accroître l’accès aux marchés qui sont actuellement mal desservis. »

Bruno Séguin


13 octobre, 2010

L’importance de connaître votre code SH pour les produits que vous exportez ou importez

Quand vous faites des affaires à l’international, vous êtes responsable de vous assurer que votre courtier en douane utilise le bon code du Système harmonisé (SH) pour votre déclaration. Depuis deux ans, je constate que trop souvent, des entreprises croient que leur courtier en douane fera ce travail pour elles. Cette erreur pourrait vous coûter cher et diminuer votre crédibilité auprès de vos clients internationaux. Pour éviter ce genre d’erreur, je vous suggère de faire vos vérifications et de vous assurer que vous comprenez parfaitement la signification du code SH que vous utilisez pour exporter. Après tout, c’est vous l’expert de votre produit.

Le SH est la norme internationale qui sert à la déclaration des marchandises aux douanes et autres agences gouvernementales. Ce langage numérique est utilisé dans plus de 190 pays. La classification détermine le taux de droit de douane du produit, son admissibilité à l’import et à l’export et s’il devrait ou non faire l’objet d’un examen physique. Le SH a été créé et il est administré par la World Customs Organization (WCO) établie à Bruxelles. Les 6 premiers chiffres du code SH indiquent la même description de produit pour tous les 190 pays, ce qui ne veut pas dire que les tarifs douaniers sont les mêmes. Il y a plus de 5 000 groupes de codes à 6 chiffres.

Le code SH est également utilisé pour établir les règles de base de divers accords commerciaux tels que l’ALÉNA. Vous pourriez avoir du mal à remplir le formulaire si vous ne connaissez pas la codification de votre marchandise.

Il est important de noter que le SH évolue constamment. La dernière version a été mise à jour en 2007 et la prochaine réforme sera diffusée en janvier 2012. Les raisons principales de ces changements sont attribuables à de nouveaux partenaires commerciaux et à l’évolution de nouvelles technologies.

Si vous êtes intéressé à connaître votre code SH, je vous recommande de consulter les liens ci-dessus :

Classification des exportations canadiennes, 2009

The United States International Trade Commission

Une fois votre code SH connu, le site Web de la WCO publie les tarifs de plus de 105 pays.

À remarquer que ces renseignements proviennent du site Formation en Douanes Louise Chevanelle inc. Si vous désirez en savoir plus sur la douane américaine et internationale, n’hésitez pas à communiquer avec moi. Si un nombre suffisant d’entreprises manifestent leur intérêt, nous songerons à offrir des séances de formation.

Caroline Bouchard


8 juillet, 2010

Les prévisions à l’exportation 2010 d’EDC

Chaque printemps, les Services économiques d’Exportation et développement Canada (EDC) nous font part de leurs prévisions à l’exportation pour l’année à venir. La publication de ces prévisions coïncide avec une tournée de M. Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef chez EDC, qui vient les présenter aux gens d’affaires lors de très courus déjeuners conférences à travers le Canada. Ces prévisions sont devenues une référence au Canada dans le domaine du commerce international et s’avèrent très utiles aux différents intervenants en développement des affaires internationales dans la priorisation et la planification des activités pour l’année.

Voici quelques faits saillants qui devraient intéressés les dirigeants de PME lavalloise exportatrice :

-    EDC prévoit une croissance mondiale de 3,7% en 2010, une vaste amélioration comparativement à 1,1% en 2009. EDC ne s’engage cependant pas à parler de reprise en raison de nombreux risques qui planent toujours sur l’économie mondiale comme la fin à venir des gigantesques mesures de relance, l’instabilité sur les marchés financiers et les marchés des produits de base, la crainte de l’inflation et une nouvelle montée possible du protectionnisme.

-   Dans l’ALENA, c’est le Mexique qui devrait connaître la plus forte croissance de son PIB avec 3,5 % en 2010 et 4 % en 2011. À l’échelle mondiale, ce sont les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui dominent avec la Chine et l’Inde en tête de peloton. Les pays d’Asie du Sud-Est et d’Afrique subsaharienne devraient également connaître une croissance intéressante.

-    Après une année 2009 difficile, les exportations canadiennes de marchandises devraient revenir à la hausse avec une croissance de 13% en 2010. Le Québec devrait connaître une hausse de ses exportations de 9 % en 2010, ce qui le place au 7ème rang parmi les provinces canadiennes.

-    Les exportations canadiennes de marchandises à destination du Brésil devraient connaître une croissance de 22 % en 2010, soit la plus forte hausse parmi les principaux pays. En 2009, les exportations vers le Brésil ne représentaient cependant que 0,4% des exportations canadiennes de marchandises et avaient chuté de 41,4% par rapport à 2008. On peut en déduire que les entreprises canadiennes auraient intérêt à établir des liens d’affaires plus solides avec le marché incontournable qu’est devenu le Brésil.

-    Les exportations vers les États-Unis devraient aussi augmenter, avec une croissance prévue de 14%. Étant donné l’importance relative du marché américain (75 %) pour les exportateurs canadiens, cette dernière statistique est plutôt encourageante.

-    Au niveau des secteurs, on remarque que les exportations augmenteront surtout dans les secteurs de l’énergie, des produits de base et des véhicules et pièces automobiles. L’aéronautique, qui a été le seul secteur en 2009 où les exportations étaient en croissance, sera le seul secteur, avec l’agroalimentaire, où la croissance sera négative en 2010.

À la lecture du document, je constate que nos choix d’activités pour 2010 cadrent plutôt bien avec ces prévisions. En effet, nous revenons tout juste d’une mission très réussie au Mexique et nous travaillons en ce moment sur la préparation de missions en Chine et au Brésil à l’automne. Nous serons également très actifs sur le marché américain qui demeure le marché prioritaire de la plupart des entreprises exportatrices lavalloises. Je vous invite à rester à l’affût à votre retour de vacances car l’automne s’annonce très chargé !

Le document complet est disponible sur le site Internet d’EDC.

Bruno Séguin