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9 décembre, 2010

L’importance de la propriété intellectuelle sur les marchés internationaux

J’ai eu la chance d’assister à une présentation intéressante qui touchait au rôle de la propriété intellectuelle lors de l’entrée sur un nouveau marché. La conférence était donnée par Me Neil Milton de Miltons IP, un cabinet spécialisé en propriété intellectuelle. J’ai retenu plusieurs idées pertinentes de sa présentation, dont en voici quelques-unes.

En premier lieu, Me Milton a précisé qu’il faut voir la propriété intellectuelle comme un outil à double fonction puisqu’elle permet d’un côté d’éviter de perdre de l’argent, en donnant des outils pour empêcher le vol, la copie ou autres violations, et de l’autre de générer de nouveaux revenus en facilitant l’exportation et la réalisation d’autres objectifs corporatifs. Le deuxième volet est intéressant puisqu’on néglige parfois que la propriété intellectuelle permet de valoriser monétairement une invention, des connaissances ou du know-how.

Avant d’entrer sur un nouveau marché, une entreprise qui enregistre un brevet, une marque de commerce ou un droit d’auteur, se donne les moyens de protéger ses droits sur la propriété intellectuelle et évite que quelqu’un d’autre ne l’utilise à sa place. Par exemple, si vous négligez d’enregistrer votre marque vous-même sur un nouveau marché, vous donnez la possibilité à un concurrent, ou même à votre distributeur ou partenaire local, d’enregistrer lui-même la marque localement. Ce dernier peut par la suite commercialiser lui-même sous cette marque, vous empêcher d’utiliser votre marque ou vous obliger à travailler exclusivement avec lui, dans le cas du distributeur.

Encore là, il est essentiel, avant d’entrer sur un nouveau marché de mener une étude exhaustive des brevets, marques de commerce et droits d’auteur afin de s’assurer que sa propriété intellectuelle n’appartient pas déjà à quelqu’un d’autre localement. Le site Internet de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle donne un bon point de départ, mais dans les faits, la propriété intellectuelle est un enjeu local, donc la recherche devrait être effectuée pays par pays.

Bien qu’il soit important d’enregistrer légalement sa propriété intellectuelle sur un nouveau marché, Me Milton insiste aussi sur l’importance, sur un marché étranger, d’implanter un système qui permettra d’assurer un contrôle sans avoir recours aux tribunaux. Ce système doit être mis en place dès le début des démarches sur le marché. À titre d’exemple, les contrats de licence ou de distribution doivent tout de même être très solides et complets pour vous donner des recours. Les ententes de non divulgation (NDA) doivent également être très élaborées et prévoir des clauses expliquant clairement la procédure à suivre si les négociations achoppent avant d’entreprendre une véritable relation d’affaires. Également, il ne faut pas hésiter à utiliser des moyens non contractuels pour empêcher une tierce partie de conserver ou d’utiliser la propriété intellectuelle, même si la relation d’affaire est rompue. Par exemple, il serait parfois préférable de fournir un accès sécurisé à un serveur au lieu d’envoyer de l’information critique par courriel.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter la présentation de Me Milton sur le site d’EDC. L’inscription est gratuite. Me Milton traite plus en détails de différents sujets intéressants, dont la propriété intellectuelle sur Internet et en Chine. N’hésitez pas non plus à consulter un avocat spécialisé en droit international et en propriété intellectuelle avant d’entreprendre vos démarches à l’étranger, puisque toute erreur peut être très coûteuse. N’hésitez pas à nous contacter pour des références.

Bruno Séguin


26 juillet, 2010

Réflexions stratégiques pour les vacances

En cette période estivale, je vous propose trois lectures intéressantes portant sur la performance du Québec et du Canada sur les marchés internationaux.

1)      S’adapter à la vigueur du dollar canadien

EDC vient de publier un livre blanc intitulé S’adapter à la vigueur du dollar canadien visant à fournir aux exportateurs canadiens des pistes de réflexion sur les stratégies à employer pour maintenir ou augmenter sa compétitivité sur les marchés internationaux dans un contexte de dollar élevé.

En effet, bien que le dollar canadien ait subi une correction suite à la crise financière américaine et se soit maintenu sous la barre des 85 ¢ entre l’automne 2008 et le printemps 2009, il a depuis recommencé à s’apprécier très rapidement et EDC prévoit qu’il se maintiendra en moyenne aux environs de 90 ¢ USD jusqu’en 2012. Même si le dollar devrait se maintenir en dessous de la parité, assurant encore un léger avantage aux exportateurs canadiens, l’appréciation du dollar canadien depuis 2003 a grandement nuit à leur compétitivité sur les marchés américains et étrangers.

En ce sens, EDC souligne différentes stratégies qu’ont employées les entreprises canadiennes pour affronter avec succès la concurrence malgré la vigueur du dollar, dont notamment la diversification des marchés à l’exportation et l’innovation.

2)      Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2010-2013

Dans un registre similaire, le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation vient de publier sa Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2010-2013 qui place l’innovation au cœur du développement économique du Québec. La SQRI propose quatre axes d’intervention intitulés:

Une recherche plus compétitive et reconnue à l’international;
Une population plus créative et entreprenante;
Un accroissement de notre productivité et de notre compétitivité par l’innovation;
De grands projets mobilisateurs.

Le volet « accroissement de notre productivité et de notre compétitivité par l’innovation » nous intéresse ici plus particulièrement puisqu’il touche davantage la commercialisation à l’international. On note justement que deux nouvelles mesures d’aide à la commercialisation seront mises en place: une concernant les produits à faible empreinte de carbone et une autre pour appuyer la réalisation de plans de commercialisation d’innovations technologiques. On prévoit notamment réaliser plus d’une trentaine de projets de commercialisation d’innovation d’ici 2013. Il sera intéressant de voir quelles formes prendront ces deux mesures. N’hésitez pas à consulter notre répertoire des aides financières pour vous tenir au courant des différents programmes disponibles aux entreprises exportatrices de Laval.

Autre mention intéressante, la stratégie prévoit un assouplissement des mesures de validation et de vitrine technologique. Le volet vitrine technologique du Programme d’aide aux entreprises (PAE) est très intéressant pour les entreprises souhaitant lancer une nouvelle technologie à l’international et il est à souhaiter que cet assouplissement permettra à plus d’entreprises innovantes de percer à l’international.

3)      Le Québec dans le monde

Pour les amateurs de statistiques, l’Institut de la Statistique du Québec vient de publier Le Québec dans le monde, un outil gratuit regroupant les indicateurs économiques les plus actuels sur 235 pays et territoires, répartis en quatre principales sections:

un sommaire situe le Québec dans le monde;
des tableaux comparent les 235 pays et territoires en fonction de 95 indicateurs économiques;
235 profils d’autant de pays et de territoires tracent de véritables portraits économiques à l’aide de ces mêmes 95 indicateurs;
des cartes des pays par continent.

Bonne lecture !

Bruno Séguin


8 juillet, 2010

Les prévisions à l’exportation 2010 d’EDC

Chaque printemps, les Services économiques d’Exportation et développement Canada (EDC) nous font part de leurs prévisions à l’exportation pour l’année à venir. La publication de ces prévisions coïncide avec une tournée de M. Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef chez EDC, qui vient les présenter aux gens d’affaires lors de très courus déjeuners conférences à travers le Canada. Ces prévisions sont devenues une référence au Canada dans le domaine du commerce international et s’avèrent très utiles aux différents intervenants en développement des affaires internationales dans la priorisation et la planification des activités pour l’année.

Voici quelques faits saillants qui devraient intéressés les dirigeants de PME lavalloise exportatrice :

-    EDC prévoit une croissance mondiale de 3,7% en 2010, une vaste amélioration comparativement à 1,1% en 2009. EDC ne s’engage cependant pas à parler de reprise en raison de nombreux risques qui planent toujours sur l’économie mondiale comme la fin à venir des gigantesques mesures de relance, l’instabilité sur les marchés financiers et les marchés des produits de base, la crainte de l’inflation et une nouvelle montée possible du protectionnisme.

-   Dans l’ALENA, c’est le Mexique qui devrait connaître la plus forte croissance de son PIB avec 3,5 % en 2010 et 4 % en 2011. À l’échelle mondiale, ce sont les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui dominent avec la Chine et l’Inde en tête de peloton. Les pays d’Asie du Sud-Est et d’Afrique subsaharienne devraient également connaître une croissance intéressante.

-    Après une année 2009 difficile, les exportations canadiennes de marchandises devraient revenir à la hausse avec une croissance de 13% en 2010. Le Québec devrait connaître une hausse de ses exportations de 9 % en 2010, ce qui le place au 7ème rang parmi les provinces canadiennes.

-    Les exportations canadiennes de marchandises à destination du Brésil devraient connaître une croissance de 22 % en 2010, soit la plus forte hausse parmi les principaux pays. En 2009, les exportations vers le Brésil ne représentaient cependant que 0,4% des exportations canadiennes de marchandises et avaient chuté de 41,4% par rapport à 2008. On peut en déduire que les entreprises canadiennes auraient intérêt à établir des liens d’affaires plus solides avec le marché incontournable qu’est devenu le Brésil.

-    Les exportations vers les États-Unis devraient aussi augmenter, avec une croissance prévue de 14%. Étant donné l’importance relative du marché américain (75 %) pour les exportateurs canadiens, cette dernière statistique est plutôt encourageante.

-    Au niveau des secteurs, on remarque que les exportations augmenteront surtout dans les secteurs de l’énergie, des produits de base et des véhicules et pièces automobiles. L’aéronautique, qui a été le seul secteur en 2009 où les exportations étaient en croissance, sera le seul secteur, avec l’agroalimentaire, où la croissance sera négative en 2010.

À la lecture du document, je constate que nos choix d’activités pour 2010 cadrent plutôt bien avec ces prévisions. En effet, nous revenons tout juste d’une mission très réussie au Mexique et nous travaillons en ce moment sur la préparation de missions en Chine et au Brésil à l’automne. Nous serons également très actifs sur le marché américain qui demeure le marché prioritaire de la plupart des entreprises exportatrices lavalloises. Je vous invite à rester à l’affût à votre retour de vacances car l’automne s’annonce très chargé !

Le document complet est disponible sur le site Internet d’EDC.

Bruno Séguin


12 janvier, 2010

Prévisions 2010 : un guide pour les exportateurs

EDC a publié au cours de l’automne ses prévisions pour l’année 2010. Le tableau ci-dessous résume en bien les perspectives présentées dans le document.

CROISSANCE DU PIB MONDIAL PAR MARCHÉ (en %)

Principaux marchés

Part de l’économie mondiale (2008)

2008

Perspectives mondiales 2009 (p)

Perspectives mondiales 2010 (p)

ALENA

24.9

0.5

-2.8

2.1

É.-U.

20.8

0.4

-2.5

2.1

Canada

1.9

0.4

-2.3

1.9

Mexique

2.2

1.4

-6.5

2.5

Europe occidentale

20.2

1.0

-4.1

0.8

R.-U.

3.2

0.7

-4.5

1.9

UEM

15.3

1.0

-4.2

0.6

Autres pays

1.7

0.8

-3.3

0.2

Japon

6.3

-0.7

-6.0

0.7

Australie et Nouvelle-Zélande

1.3

2.1

0.2

1.8

Total Asie-Pacifique

24.5

6.8

4.7

6.5

Chine, R.P. : continentale

11.4

9.0

8.0

8.3

Inde

4.7

7.3

5.8

6.2

NEI asiatiques

3.7

2.3

-2.6

4.1

ANASE-4

3.1

4.8

0.4

4.5

Autres pays d’Asie de l’Est et du Pacifique

0.5

6.6

4.0

4.98

Autres pays d’Asie du Sud

1.1

3.7

2.7

3.6

Europe orientale et Asie Centrale

8.4

4.4

-7.2

1.0

Russie

3.3

5.6

-8.8

1.4

Amérique du Sud

5.8

5.3

-0.2

2.5

Argentine

0.8

6.8

1.3

2.0

Brésil

2.9

5.1

-.03

1.4

Amérique centrale

0.6

3.3

-1.2

1.4

Moyen-Orient et Afrique du Nord

4.8

5.9

1.7

3.7

Afrique subsaharienne

2.0

5.5

0.3

3.9

Pays industrialisés

54.2

0.6

-3.4

1.6

Pays en développement

45.8

6.0

1.2

4.4

Total mondial

100.0

3.0

-1.3

2.9

Tiré de Vers une reprise : Prévisions à l’exportation – automne 2009, page 12. Services économique d’EDC

Je consulte annuellement le document produit par EDC et je tiens compte de ces données dans ma planification annuelle. Néanmoins, j’accorde beaucoup d’importance aux besoins de mes clients afin de choisir les nouveaux marchés sur lesquels nous offrirons des activités.

Si je fais le parallèle avec vous, entrepreneurs, vous devez aussi considérer ce tableau comme un guide. Globalement, c’est l’Asie, avec l’aide de la Chine et l’Inde, qui présente le meilleur potentiel en termes de croissance. Toutefois, il faut bien connaître vos clients et vos compétiteurs pour bien orienter votre développement de marché. Je pense qu’il y a toujours de la place sur le marché pour des produits bien nichés et à valeur ajoutée, même dans un marché qui connaît une contraction.

Véronique Proulx