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28 novembre, 2011

Exportateurs, êtes-vous toujours optimistes pour 2012 ?

En mai dernier, il y a six mois, je publiais un billet qui parlait d’une reprise de l’enthousiasme par rapport à l’exportation. Malheureusement, depuis, les mauvaises nouvelles économiques s’accumulent : la crise financière en Europe s’est aggravée, le chômage stagne aux États-Unis, les marchés financiers s’effondrent, le nouveau plan de relance américain prévoit à nouveau une clause Buy American, on parle de plus en plus de récession à double creux, le dollar canadien est instable, etc. Difficile de rester optimiste dans un tel contexte.

J’ai été donc passablement surpris en lisant les nouvelles prévisions à l’exportation d’automne 2011 des services économiques d’EDC dans lesquelles M. Peter Hall et son équipe maintiennent leur optimisme du printemps dernier par rapport aux exportations canadiennes pour 2011 et 2012. EDC prévoit entre autres «que l’économie mondiale capitalisera sur la hausse actuelle de l’activité fondamentale et continuera de trouver des remèdes aux chocs et aux faiblesses qui attaqueront la croissance à court terme, ce qui lui permettra de se diriger vers des jours meilleurs» (p.5). En ce sens, EDC maintient des prévisions de croissance positive du PIB mondial, et du même coup des exportations canadiennes, pour 2011 et 2012. Selon EDC, le volume des exportations de marchandises en provenance du Canada devrait croître de 12 % en 2011, soit le même rythme de croissance qu’en 2010, puis de 7% en 2012. Au Québec, les exportations de marchandises seront également en progression avec une croissance attendue de 4 % en 2011, puis de 7 % en 2012. (Lire la suite…)


2 juin, 2011

Retour sur Parlons Exportations

Pour ceux qui n’ont pu assister à la présentation Parlons Exportations que nous avons organisée le 31 mai dernier en collaboration avec EDC, et pour ceux qui aimeraient simplement la revoir, voici la vidéo mettant en vedette M. Peter Hall, économiste en chef d’EDC, qui fut présentée lors de l’événement.

J’en retiens deux idées. Tout d’abord, M. Hall explique pourquoi les exportations représentent désormais l’élément central de la croissance future du PIB canadien, en reprenant la formule de calcul du PIB dans une séance accélérée d’économie 101. Ensuite, M. Hall revient sur l’importance que prendront les marchés émergents pour les exportateurs canadiens d’ici 2025, un sujet que j’ai déjà couvert lors d’un billet précédent sur la reprise de l’enthousiasme par rapport à l’exportation.

J’en profite pour remercier, au nom de l’équipe du Centre des affaires internationales de LAVAL TECHNOPOLE, M. Hall, EDC et tous les gens qui ont assisté à la conférence Parlons Exportations. L’événement, qui avait lieu pour la première fois à Laval, a connu un succès au-delà de nos attentes et nous espérons répéter l’expérience l’année prochaine.

Bruno Séguin


19 mai, 2011

Reprise de l’enthousiasme par rapport à l’exportation

Ces dernières années, les nouvelles positives sur l’état des exportations canadiennes se faisaient plutôt rares. Avec une récession aux États-Unis et un dollar canadien fort, il était devenu beaucoup plus difficile pour les PME canadiennes de se démarquer sur les marchés internationaux.

Dans un tel contexte, les experts encourageaient alors les exportateurs à diversifier leurs marchés et à développer les marchés émergents, où la croissance économique demeurait forte. Cependant, plusieurs exportateurs ont été hésitants à se lancer à la conquête des marchés étrangers plus distants et plus difficiles d’accès. Comme le développement de nouveaux marchés internationaux exige du temps et un engagement à long terme, ceux qui ont fait le saut ont dû attendre quelque peu avant d’obtenir des résultats significatifs. Pendant ce temps, la situation des exportations au Canada continuait de se dégrader et la reprise tardait à poindre.

Cependant, trois rapports publiés récemment laissent présager que les efforts investis par les entreprises canadiennes dans la diversification de leurs marchés d’exportation commencent à porter fruit et que les PME canadiennes sont de plus en plus ouvertes à l’internationalisation.

Tout d’abord, Statistique Canada dévoilait le 11 mai dernier les données sur le commerce international des marchandises du Canada pour mars 2011.  On y constate que l’excédent commercial du Canada a augmenté de 356 millions de dollars en février à 627 millions de dollars en mars porté par des exportations en beaucoup plus forte croissance que les importations. Ce sont des données très encourageantes sachant qu’en 2009 et 2010, le solde commercial du Canada avait été fortement déficitaire. Il est également intéressant de constater que la croissance des exportations de marchandises du Canada à destination des États-Unis n’a été que de 12,3 % entre mars 2010 et mars 2011, alors qu’elle a été de 21,6 % sur l’ensemble des autres marchés. En mars 2011, les États-Unis ne représentaient désormais le marché de destination que de 72,6 % des marchandises exportées à partir du Canada, alors qu’en 2005, ce pourcentage atteignait 81,8 %.

La veille, le 10 mai, EDC dévoilait, de son côté, ses prévisions printanières à l’exportation. Le titre du rapport, Les dividendes de la diversification, est en soi évocateur puisqu’il souligne clairement que la remontée des exportations au Canada découle en bonne partie d’un effort soutenu de développement de nouveaux marchés qui commence à donner des résultats. Dans le rapport, on mentionne d’ailleurs que de 2001 à 2008, bien que les marchés émergents aient constitué un petit segment, les ventes annuelles y ont augmenté de plus de 12 %, tandis qu’elles ne croissaient que d’un peu plus de 1 % sur les marchés traditionnels. On y souligne également que si la tendance se poursuit, les marchés émergents représenteront 20 % des exportations canadiennes en 2016, et presque 30 % en 2020. Selon ces prévisions, ce sont notamment les exportations vers les marchés émergents qui devraient pousser à la hausse les exportations canadiennes au cours des deux prochaines années.

Finalement, une étude réalisée par la firme Angus Reid pour le compte d’UPS Canada révèle que 73 % des 546 dirigeants de PME interrogés estiment que les entreprises canadiennes devraient consacrer davantage de ressources au développement des marchés internationaux en réponse à la force du dollar canadien alors que près des deux tiers des répondants se disent préoccupés par le déficit commercial récent du Canada. Plusieurs des répondants suggèrent notamment de réduire les barrières commerciales avec les autres pays afin de favoriser le commerce international. Ces résultats tranchent nettement avec ceux obtenus lors d’un sondage similaire réalisé à l’automne dernier par Léger Marketing, toujours pour le compte d’UPS Canada, dans lequel les dirigeants de PME canadiennes avaient démontré très peu d’enthousiasme par rapport aux échanges internationaux, à l’ouverture des marchés et aux occasions d’affaires sur les marchés émergents.

En conclusion, il est encourageant de constater que les exportations reprennent une place de choix dans la croissance économique du pays, que les exportateurs canadiens sont beaucoup moins dépendants du marché américain et que les PME comptent finalement profiter de cette reprise. Les prochaines années s’annoncent stimulantes.

Bruno Séguin


17 mai, 2011

Parlons Asie

Dernièrement, j’ai assisté à une conférence sur l’Asie, organisée conjointement par Exportation Développement Canada (EDC) et le Conseil commercial Canada-Chine (CCCC). Les principaux conférenciers du matin étaient, entre autres, M. Peter Hall, vice président et économiste en chef chez EDC et M. David Fung, président du conseil de la CCCC. Celui-ci a illustré avec des exemples à l’appui, l’importance pour les entreprises canadiennes d’être présentes sur le marché chinois. Il a aussi expliqué que les entreprises qui choisissent de faire du surplace au Canada seront davantage menacées par leurs concurrents, que celles qui décident de prendre quelques risques en saisissant les opportunités offertes dans ce marché gigantesque.  M. Fung, lui-même un entrepreneur, conseille d’ailleurs aux entreprises exportatrices d’y intensifier leurs efforts pour compenser la faiblesse actuelle du marché traditionnel des États-Unis et prendre avantage de l’appartenance du Canada à la ceinture Asie-Pacifique.

Peter Hall abonde dans le même sens, tout en ajoutant que d’autres pays du sud-est asiatique offrent d’excellentes possibilités d’affaires, que les entreprises chinoises elles-mêmes exploitent. Par ailleurs, il est demeuré optimiste quant aux perspectives de croissance après l’accalmie qui a suivi la progression occasionnée par les stimuli gouvernementaux pendant la récession. Questionné sur la force du dollar canadien, Peter Hall a souligné qu’un dollar fort représente une raison de plus de diversifier ses exportations, bien que selon lui, cette situation ne durera pas longtemps. Il pense que dès 2012, notre monnaie pourrait se transiger un peu en dessous de la parité. En passant, avis aux intéressés, Peter Hall sera à Laval le 31 mai prochain dans le cadre de l’événement Parlons exportations organisé par Centre des affaires internationales, en partenariat avec EDC.

Ce qui a cependant retenu le plus mon attention c’est le témoignage d’un entrepreneur québécois qui a réussi, en quelques années, à implanter en Chine une usine autonome où travaillent 100 personnes et qui dessert le marché mondial, y compris celui de la Chine. Voici quelques conseils qu’il a donnés aux entrepreneurs qui cherchent à s’implanter en Chine :

1 – Créer une entreprise chinoise plutôt que canadienne. Le modèle de WOFE (Wholly Owned Foreign Enterprise) est la bonne formule dans ce cas. Éviter les JV (Joint Ventures) à moins que les deux parties apportent une contribution égale.

2 – Engager un bon dirigeant local, et bien le payer.

3 – Pour éviter de faire face à des demandes exagérées de la part des fonctionnaires, éviter les contacts directs pour les démarches réglementaires. Un employé local de confiance ferait mieux avancer les dossiers et ce à moindre coût.

4 – Fragmenter et compartimenter l’information pertinente afin de protéger la propriété intellectuelle.

5 – Avoir suffisamment de capital en place pour appuyer l’opération.

6 – S’assurer d’avoir un mécanisme efficace de transfert de fonds pour éviter des surprises et des ruptures de service. À cet effet, EDC peut être une bonne source d’aide.

7 – Ne pas transférer de vieilles technologies afin de se différencier et demeurer concurrentiel plus longtemps.

8 – Comme on est jamais sûr du passif environnemental, éviter de faire l’acquisition d’une autre entreprise ou d’usine existante en croyant faire une bonne affaire. Par ailleurs, une nouvelle entreprise avec un nom étranger est plus attrayante sur le marché chinois.

9 – S’attendre à ce que les autorités soient plus sévères dans leurs exigences de respect des règlements (environnementaux ou sociaux) avec vous qu’avec les entreprises chinoises existantes.

10 – Quoique le ratio d’ingénieurs chinois par rapport aux canadiens est de 40/1, le niveau d’expertise et la capacité d’innovation sont de loin supérieurs chez nous. Toutefois les ingénieurs chinois compensent ceci par leur travail acharné.

Le conférencier semblait très satisfait de sa décision de s’établir sur ce marché qui devenait un incontournable surtout que plusieurs de ses clients sont présents sur ce marché et qu’il fallait s’en rapprocher. C’est d’ailleurs le cas dans bon nombre d’entreprises qui font de plus en plus partie d’une chaîne d‘approvisionnement mondiale intégrée.

Dans un autre billet, je vous parlerai d’un autre atelier auquel j’ai participé sur le marché de l’Inde. C’est un marché qui offre beaucoup d’opportunités, mais aussi de nombreux défis.

Samir Naoum


9 décembre, 2010

L’importance de la propriété intellectuelle sur les marchés internationaux

J’ai eu la chance d’assister à une présentation intéressante qui touchait au rôle de la propriété intellectuelle lors de l’entrée sur un nouveau marché. La conférence était donnée par Me Neil Milton de Miltons IP, un cabinet spécialisé en propriété intellectuelle. J’ai retenu plusieurs idées pertinentes de sa présentation, dont en voici quelques-unes.

En premier lieu, Me Milton a précisé qu’il faut voir la propriété intellectuelle comme un outil à double fonction puisqu’elle permet d’un côté d’éviter de perdre de l’argent, en donnant des outils pour empêcher le vol, la copie ou autres violations, et de l’autre de générer de nouveaux revenus en facilitant l’exportation et la réalisation d’autres objectifs corporatifs. Le deuxième volet est intéressant puisqu’on néglige parfois que la propriété intellectuelle permet de valoriser monétairement une invention, des connaissances ou du know-how.

Avant d’entrer sur un nouveau marché, une entreprise qui enregistre un brevet, une marque de commerce ou un droit d’auteur, se donne les moyens de protéger ses droits sur la propriété intellectuelle et évite que quelqu’un d’autre ne l’utilise à sa place. Par exemple, si vous négligez d’enregistrer votre marque vous-même sur un nouveau marché, vous donnez la possibilité à un concurrent, ou même à votre distributeur ou partenaire local, d’enregistrer lui-même la marque localement. Ce dernier peut par la suite commercialiser lui-même sous cette marque, vous empêcher d’utiliser votre marque ou vous obliger à travailler exclusivement avec lui, dans le cas du distributeur.

Encore là, il est essentiel, avant d’entrer sur un nouveau marché de mener une étude exhaustive des brevets, marques de commerce et droits d’auteur afin de s’assurer que sa propriété intellectuelle n’appartient pas déjà à quelqu’un d’autre localement. Le site Internet de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle donne un bon point de départ, mais dans les faits, la propriété intellectuelle est un enjeu local, donc la recherche devrait être effectuée pays par pays.

Bien qu’il soit important d’enregistrer légalement sa propriété intellectuelle sur un nouveau marché, Me Milton insiste aussi sur l’importance, sur un marché étranger, d’implanter un système qui permettra d’assurer un contrôle sans avoir recours aux tribunaux. Ce système doit être mis en place dès le début des démarches sur le marché. À titre d’exemple, les contrats de licence ou de distribution doivent tout de même être très solides et complets pour vous donner des recours. Les ententes de non divulgation (NDA) doivent également être très élaborées et prévoir des clauses expliquant clairement la procédure à suivre si les négociations achoppent avant d’entreprendre une véritable relation d’affaires. Également, il ne faut pas hésiter à utiliser des moyens non contractuels pour empêcher une tierce partie de conserver ou d’utiliser la propriété intellectuelle, même si la relation d’affaire est rompue. Par exemple, il serait parfois préférable de fournir un accès sécurisé à un serveur au lieu d’envoyer de l’information critique par courriel.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter la présentation de Me Milton sur le site d’EDC. L’inscription est gratuite. Me Milton traite plus en détails de différents sujets intéressants, dont la propriété intellectuelle sur Internet et en Chine. N’hésitez pas non plus à consulter un avocat spécialisé en droit international et en propriété intellectuelle avant d’entreprendre vos démarches à l’étranger, puisque toute erreur peut être très coûteuse. N’hésitez pas à nous contacter pour des références.

Bruno Séguin