Il semble y avoir une remise en question des stratégies de fabrication outre-mer. Il y a plus de trois décennies, les entreprises nord-américaines ont décidé que la meilleure stratégie de réduction des coûts était de se tourner vers la fabrication dans les pays asiatiques et d’autres pays en développement. On constate aujourd’hui que certains nouveaux éléments sont de plus en plus considérés et contribuent à remettre en question la pertinence de cette stratégie. Ceux-ci incluent entre autres l’augmentation des coûts de production en Chine et en Inde, les coûts de transport de plus en plus volatils, les risques de rupture dans la chaîne lorsqu’on s’éloigne de sa base, ainsi que la faiblesse de la réglementation touchant la qualité et la protection de la propriété intellectuelle. Il y a aussi d’autres facteurs positifs à considérer dans une décision de rapatriement éventuel en Amérique du Nord, tels que l’accès à des ressources de plus haut calibre, la facilité d’adopter des processus automatisés et l’accès à des réseaux de transport nord-américains étendus. Tous ces facteurs sont de nature à amener les dirigeants à repenser la stratégie de « Inventé ici, mais produit là-bas ». (Lire la suite…)
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Parlons Asie
Dernièrement, j’ai assisté à une conférence sur l’Asie, organisée conjointement par Exportation Développement Canada (EDC) et le Conseil commercial Canada-Chine (CCCC). Les principaux conférenciers du matin étaient, entre autres, M. Peter Hall, vice président et économiste en chef chez EDC et M. David Fung, président du conseil de la CCCC. Celui-ci a illustré avec des exemples à l’appui, l’importance pour les entreprises canadiennes d’être présentes sur le marché chinois. Il a aussi expliqué que les entreprises qui choisissent de faire du surplace au Canada seront davantage menacées par leurs concurrents, que celles qui décident de prendre quelques risques en saisissant les opportunités offertes dans ce marché gigantesque. M. Fung, lui-même un entrepreneur, conseille d’ailleurs aux entreprises exportatrices d’y intensifier leurs efforts pour compenser la faiblesse actuelle du marché traditionnel des États-Unis et prendre avantage de l’appartenance du Canada à la ceinture Asie-Pacifique.
Peter Hall abonde dans le même sens, tout en ajoutant que d’autres pays du sud-est asiatique offrent d’excellentes possibilités d’affaires, que les entreprises chinoises elles-mêmes exploitent. Par ailleurs, il est demeuré optimiste quant aux perspectives de croissance après l’accalmie qui a suivi la progression occasionnée par les stimuli gouvernementaux pendant la récession. Questionné sur la force du dollar canadien, Peter Hall a souligné qu’un dollar fort représente une raison de plus de diversifier ses exportations, bien que selon lui, cette situation ne durera pas longtemps. Il pense que dès 2012, notre monnaie pourrait se transiger un peu en dessous de la parité. En passant, avis aux intéressés, Peter Hall sera à Laval le 31 mai prochain dans le cadre de l’événement Parlons exportations organisé par Centre des affaires internationales, en partenariat avec EDC.
Ce qui a cependant retenu le plus mon attention c’est le témoignage d’un entrepreneur québécois qui a réussi, en quelques années, à implanter en Chine une usine autonome où travaillent 100 personnes et qui dessert le marché mondial, y compris celui de la Chine. Voici quelques conseils qu’il a donnés aux entrepreneurs qui cherchent à s’implanter en Chine :
1 – Créer une entreprise chinoise plutôt que canadienne. Le modèle de WOFE (Wholly Owned Foreign Enterprise) est la bonne formule dans ce cas. Éviter les JV (Joint Ventures) à moins que les deux parties apportent une contribution égale.
2 – Engager un bon dirigeant local, et bien le payer.
3 – Pour éviter de faire face à des demandes exagérées de la part des fonctionnaires, éviter les contacts directs pour les démarches réglementaires. Un employé local de confiance ferait mieux avancer les dossiers et ce à moindre coût.
4 – Fragmenter et compartimenter l’information pertinente afin de protéger la propriété intellectuelle.
5 – Avoir suffisamment de capital en place pour appuyer l’opération.
6 – S’assurer d’avoir un mécanisme efficace de transfert de fonds pour éviter des surprises et des ruptures de service. À cet effet, EDC peut être une bonne source d’aide.
7 – Ne pas transférer de vieilles technologies afin de se différencier et demeurer concurrentiel plus longtemps.
8 – Comme on est jamais sûr du passif environnemental, éviter de faire l’acquisition d’une autre entreprise ou d’usine existante en croyant faire une bonne affaire. Par ailleurs, une nouvelle entreprise avec un nom étranger est plus attrayante sur le marché chinois.
9 – S’attendre à ce que les autorités soient plus sévères dans leurs exigences de respect des règlements (environnementaux ou sociaux) avec vous qu’avec les entreprises chinoises existantes.
10 – Quoique le ratio d’ingénieurs chinois par rapport aux canadiens est de 40/1, le niveau d’expertise et la capacité d’innovation sont de loin supérieurs chez nous. Toutefois les ingénieurs chinois compensent ceci par leur travail acharné.
Le conférencier semblait très satisfait de sa décision de s’établir sur ce marché qui devenait un incontournable surtout que plusieurs de ses clients sont présents sur ce marché et qu’il fallait s’en rapprocher. C’est d’ailleurs le cas dans bon nombre d’entreprises qui font de plus en plus partie d’une chaîne d‘approvisionnement mondiale intégrée.
Dans un autre billet, je vous parlerai d’un autre atelier auquel j’ai participé sur le marché de l’Inde. C’est un marché qui offre beaucoup d’opportunités, mais aussi de nombreux défis.
Samir Naoum
Le China Inc.
La Presse Affaires marchés mondiaux annonçait le 6 décembre dernier que l’industrie mondiale se remet en marche. Quoique ce soit une bonne nouvelle, quelques bémols ont été émis, notamment quant à la place qu’occupera le China Inc. sur les marchés internationaux.
On mentionne que la Chine veut s’attaquer aux industries à valeur ajoutée sur lesquelles l’Occident mise pour se démarquer, soit : les énergies alternatives, les biotechnologies, les technologies de l’information et les automobiles plus vertes.
Comment les exportateurs québécois doivent-ils réagir ? Notre World Café réalisé en septembre dernier a justement posé cette question à 10 exportateurs lavallois. Je vous partage quelques unes de leurs suggestions :
- Viser de nouveaux marchés moins exploités que ceux du BRIC ;
- Cibler des niches précises non exploitées par les multinationales ;
- Trouver un partenaire local qui connait la culture et a accès à un bon réseau ;
- Considérer la sous-traitance de certaines activités ;
- Être rigoureux en matière de logistique et de coût afin de demeurer compétitif ;
- Investir davantage dans les capacités de vente ;
- Améliorer son service à la clientèle et s’assurer d’y être proche géographiquement ;
- Offrir des programmes créatifs de fidélisation et d’attraction de la clientèle ;
- Prioriser une approche de partenariat avec le client dans les phases de développement afin de gagner sa fidélité.
Je pense que la clé du succès est dans le partenariat et la complémentarité. Il faut mettre de l’avant ce qui nous différencie et chercher à être le meilleur dans ce domaine.
Vous me direz que c’est plus facile à dire qu’à faire, et c’est vrai. Néanmoins, on n’a pas le choix de se réinventer si on veut assurer la pérennité et la croissance de son entreprise.
Véronique Proulx
Le marché des technologies vertes en Chine
Dans ce troisième et dernier billet portant sur les marchés verts à travers le monde, je m’attarde cette fois-ci sur la Chine, un marché énorme, où les besoins environnementaux sont criants. En effet, comme le souligne l’étude réalisée par la firme Sinologik pour le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, les statistiques sur la situation environnementale en Chine sont alarmantes. Sinologik souligne par exemple, à la première page du sommaire de l’étude, que :
« La Chine et les États-Unis sont conjointement responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES).
80 % des villes les plus polluées au monde se situent en Chine.
75 % du secteur manufacturier chinois (le plus important secteur industriel en Chine) est alimenté par le réseau de centrales électriques au charbon.
Environ 80 % des égouts sont directement déversés dans les lacs et les rivières, ce qui engendre un sérieux accroissement du problème de pénurie d’eau douce et d’eau potable sur tout le territoire.
La Chine perd 2,3 % de son PIB annuellement, en raison de la pollution de l’eau douce et du manque d’eau potable. »
L’étude de Sinologik porte plus précisément sur les municipalités de Beijing et Tianjin et de la province de Liaoning, où on spécifie que les besoins les plus pressants se situent au niveau du traitement des eaux, de l’air et des déchets. L’expertise locale est notamment insuffisante dans la gestion des déchets alors que l’industrie du traitement des eaux offre des débouchés très intéressants pour les compagnies étrangères qui souhaitent y vendre leurs équipements, leurs technologies ou leur expertise.
Les secteurs les plus accessibles sont généralement ceux où l’on retrouve le plus grand pourcentage d’industries privées (ex. : matériaux de construction, électroménagers, machineries industrielles, etc.) et, dans une moindre mesure, ceux que le gouvernement veut développer (ex. : énergie solaire, éolienne et biomasse, hydroélectricité, traitement des eaux usées, etc.) sur lesquels un certain protectionnisme existe néanmoins. Les secteurs considérés comme stratégiques (ex. : réseau électrique, transport ferroviaire et aérien) sont beaucoup plus fermés.
L’étude conclue en suggérant aux entreprises québécoises de viser des villes de second et troisième ordre afin de contourner la forte concurrence étrangère qui sévit à Beijing et dans les grandes villes. Elle recommande également de se lier autant que possible à un partenaire local, d’envisager s’installer localement pour se rapprocher du marché et réduire ses coûts et d’adapter son offre pour répondre aux demandes spécifiques du marché.
Afin d’en savoir davantage sur les débouchés dans les différents secteurs industriels liés à l’environnement, consultez le site du Service des délégués commerciaux du Canada. On y retrouve cinq études sur le sujet, dont une qui traite de Shanghai et qui vient en quelque sorte complémenter celle sur Beijing et Tianjin réalisée pour le MDEIE.
Bruno Séguin
Les prévisions à l’exportation 2010 d’EDC
Chaque printemps, les Services économiques d’Exportation et développement Canada (EDC) nous font part de leurs prévisions à l’exportation pour l’année à venir. La publication de ces prévisions coïncide avec une tournée de M. Peter G. Hall, Vice-président et économiste en chef chez EDC, qui vient les présenter aux gens d’affaires lors de très courus déjeuners conférences à travers le Canada. Ces prévisions sont devenues une référence au Canada dans le domaine du commerce international et s’avèrent très utiles aux différents intervenants en développement des affaires internationales dans la priorisation et la planification des activités pour l’année.
Voici quelques faits saillants qui devraient intéressés les dirigeants de PME lavalloise exportatrice :
- EDC prévoit une croissance mondiale de 3,7% en 2010, une vaste amélioration comparativement à 1,1% en 2009. EDC ne s’engage cependant pas à parler de reprise en raison de nombreux risques qui planent toujours sur l’économie mondiale comme la fin à venir des gigantesques mesures de relance, l’instabilité sur les marchés financiers et les marchés des produits de base, la crainte de l’inflation et une nouvelle montée possible du protectionnisme.
- Dans l’ALENA, c’est le Mexique qui devrait connaître la plus forte croissance de son PIB avec 3,5 % en 2010 et 4 % en 2011. À l’échelle mondiale, ce sont les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui dominent avec la Chine et l’Inde en tête de peloton. Les pays d’Asie du Sud-Est et d’Afrique subsaharienne devraient également connaître une croissance intéressante.
- Après une année 2009 difficile, les exportations canadiennes de marchandises devraient revenir à la hausse avec une croissance de 13% en 2010. Le Québec devrait connaître une hausse de ses exportations de 9 % en 2010, ce qui le place au 7ème rang parmi les provinces canadiennes.
- Les exportations canadiennes de marchandises à destination du Brésil devraient connaître une croissance de 22 % en 2010, soit la plus forte hausse parmi les principaux pays. En 2009, les exportations vers le Brésil ne représentaient cependant que 0,4% des exportations canadiennes de marchandises et avaient chuté de 41,4% par rapport à 2008. On peut en déduire que les entreprises canadiennes auraient intérêt à établir des liens d’affaires plus solides avec le marché incontournable qu’est devenu le Brésil.
- Les exportations vers les États-Unis devraient aussi augmenter, avec une croissance prévue de 14%. Étant donné l’importance relative du marché américain (75 %) pour les exportateurs canadiens, cette dernière statistique est plutôt encourageante.
- Au niveau des secteurs, on remarque que les exportations augmenteront surtout dans les secteurs de l’énergie, des produits de base et des véhicules et pièces automobiles. L’aéronautique, qui a été le seul secteur en 2009 où les exportations étaient en croissance, sera le seul secteur, avec l’agroalimentaire, où la croissance sera négative en 2010.
À la lecture du document, je constate que nos choix d’activités pour 2010 cadrent plutôt bien avec ces prévisions. En effet, nous revenons tout juste d’une mission très réussie au Mexique et nous travaillons en ce moment sur la préparation de missions en Chine et au Brésil à l’automne. Nous serons également très actifs sur le marché américain qui demeure le marché prioritaire de la plupart des entreprises exportatrices lavalloises. Je vous invite à rester à l’affût à votre retour de vacances car l’automne s’annonce très chargé !
Le document complet est disponible sur le site Internet d’EDC.
Bruno Séguin
