Environnement

18 novembre, 2010

Le marché des technologies vertes en Chine

Dans ce troisième et dernier billet portant sur les marchés verts à travers le monde, je m’attarde cette fois-ci sur la Chine, un marché énorme, où les besoins environnementaux sont criants. En effet, comme le souligne l’étude réalisée par la firme Sinologik pour le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, les statistiques sur la situation environnementale en Chine sont alarmantes. Sinologik souligne par exemple, à la première page du sommaire de l’étude, que :

« La Chine et les États-Unis sont conjointement responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES).
80 % des villes les plus polluées au monde se situent en Chine.
75 % du secteur manufacturier chinois (le plus important secteur industriel en Chine) est alimenté par le réseau de centrales électriques au charbon.
Environ 80 % des égouts sont directement déversés dans les lacs et les rivières, ce qui engendre un sérieux accroissement du problème de pénurie d’eau douce et d’eau potable sur tout le territoire.
La Chine perd 2,3 % de son PIB annuellement, en raison de la pollution de l’eau douce et du manque d’eau potable. »

L’étude de Sinologik porte plus précisément sur les municipalités de Beijing et Tianjin et de la province de Liaoning, où on spécifie que les besoins les plus pressants se situent au niveau du traitement des eaux, de l’air et des déchets. L’expertise locale est notamment insuffisante dans la gestion des déchets alors que l’industrie du traitement des eaux offre des débouchés très intéressants pour les compagnies étrangères qui souhaitent y vendre leurs équipements, leurs technologies ou leur expertise.

Les secteurs les plus accessibles sont généralement ceux où l’on retrouve le plus grand pourcentage d’industries privées (ex. : matériaux de construction, électroménagers, machineries industrielles, etc.) et, dans une moindre mesure, ceux que le gouvernement veut développer (ex. : énergie solaire, éolienne et biomasse, hydroélectricité, traitement des eaux usées, etc.) sur lesquels un certain protectionnisme existe néanmoins. Les secteurs considérés comme stratégiques (ex. : réseau électrique, transport ferroviaire et aérien) sont beaucoup plus fermés.

L’étude conclue en suggérant aux entreprises québécoises de viser des villes de second et troisième ordre afin de contourner la forte concurrence étrangère qui sévit à Beijing et dans les grandes villes. Elle recommande également de se lier autant que possible à un partenaire local, d’envisager s’installer localement pour se rapprocher du marché et réduire ses coûts et d’adapter son offre pour répondre aux demandes spécifiques du marché.

Afin d’en savoir davantage sur les débouchés dans les différents secteurs industriels liés à l’environnement, consultez le site du Service des délégués commerciaux du Canada. On y retrouve cinq études sur le sujet, dont une qui traite de Shanghai et qui vient en quelque sorte complémenter celle sur Beijing et Tianjin réalisée pour le MDEIE.

Bruno Séguin


9 novembre, 2010

Le marché des technologies vertes en France, en Pologne et en Roumanie

Dans un billet récent, j’ai traité des occasions d’affaires sur les marchés de l’environnement et des technologies vertes dans le nord-est des États-Unis. Dans ce deuxième billet d’une série de trois sur le sujet, je m’attarde cette fois-ci sur l’Europe et  plus précisément sur la France, la Pologne et la Roumanie. Comme dans le cas du nord-est américain, ces trois marchés ont été couverts lors d’une conférence Québec Exporte organisée le 15 juin dernier par le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE). Les documents présentés lors de la conférence sont disponibles ici. Voici les faits saillants pour chacun de ces trois pays, qui, selon le MDEIE, offrent le meilleur potentiel en Europe pour les entreprises québécoises.

France

L’étude sur la France réalisée par la firme Erdyn Consultants a démontré des occasions d’affaires intéressantes pour les entreprises québécoises principalement dans les secteurs du traitement des déchets, un secteur traditionnellement très fermé, mais qui connait une bonne croissance et qui est en voie de diversification, dans le secteur des énergies renouvelables, qui devrait connaître une forte croissance au moins jusqu’en 2020, et dans le secteur du traitement des sols pollués, où l’expertise québécoise est reconnue. Les secteurs de la qualité de l’air, de la qualité de l’eau et de la gestion des risques offrent un certain potentiel pour les entreprises québécoises, mais dans une mesure beaucoup moindre que les secteurs mentionnés précédemment.

Pologne et Roumanie

L’étude sur la Pologne et la Roumanie, réalisée par la firme Dreberis souligne que le potentiel est énorme dans ces deux pays dans le secteur des technologies de l’environnement puisque l’accession des deux pays à l’Union européenne a impliqué, d’un côté, la mise en place de normes environnementales élevées, et de l’autre, du soutien financier. Mentionnons que les deux pays sont parmi les plus importants bénéficiaires de fonds européens et qu’environ 25 % de ces fonds sont consacrés aux secteurs de l’environnement et du développement municipal. Selon le Service des délégués commerciaux du Canada, la Pologne devrait affecter environ 46 milliards $ CA pour les projets environnementaux jusqu’en 2016.

Les secteurs prioritaires autant en Pologne qu’en Roumanie sont la gestion de la qualité de l’eau et des déchets, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Ces priorités découlent de la législation européenne qui doit être maintenant appliquée. L’étude de Dreberis précise que la Pologne est en avance de quelques années sur la Roumanie, mais que, néanmoins, « le secteur des infrastructures et de l’environnement constituera le plus important facteur de développement économique de la Roumanie au cours des années à venir ». La Roumanie a d’ailleurs par exemple, le plus fort potentiel de production d’énergie éolienne dans toute l’Europe du sud-est, selon un profil du Service des délégués commerciaux du Canada.

Voilà pour l’Europe, mon prochain billet portera sur la Chine.

Bruno Séguin


25 octobre, 2010

Le marché des technologies vertes aux États-Unis

Aux États-Unis, les technologies vertes représentent un des marchés les plus prometteurs pour les années à venir, notamment dans le Nord-Est. En effet, selon une étude réalisée au printemps 2010 par ECG Consulting Group pour le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, dont les résultats sont disponibles ici, de nombreux segments de marché des secteurs de l’environnement et des technologies propres connaissent présentement des taux de croissance supérieurs à 10 %.

Le développement du marché est soutenu par une réglementation plus stricte en matière environnementale, visant notamment à lutter contre les changements climatiques, les objectifs des États-Unis de réduire leur dépendance énergétique à l’égard du pétrole du Moyen-Orient et l’intérêt grandissant des entreprises américaines de se montrer sensibles aux questions environnementales.

Un article du journal Les Affaires du 29 mai dernier identifiait quatre tendances particulièrement intéressantes pour les entreprises québécoises aux États-Unis :

Amélioration de l’efficacité des moteurs et la réduction du poids des véhicules de transport afin de réduire leur consommation de carburant et leurs émissions de gaz à effet de serre (occasion d’affaires pour le secteur de l’aluminium et des matériaux légers) ;
Réduction des émissions de GES dans les centrales utilisant des carburants fossiles (occasion d’affaires pour les technologies qui capturent le gaz carbonique) ;Augmentation de la part des énergies vertes dans la production énergétique domestique aux États-Unis (occasion d’affaires pour la réfection de centrales hydroélectriques ou la fabrication d’éoliennes) ;
Modernisation du réseau électrique qui devrait nécessiter des investissements d’environ 30 G$CA d’ici 2017.

De son côté, l’étude d’ECG Consulting Group conclut que, sur le marché des énergies vertes dans le Nord-Est des États-Unis, les meilleures occasions d’affaires pour les entreprises québécoises se trouvent dans les secteurs très larges de la qualité de l’air, de l’eau et des sols. Le secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique offre également de belles possibilités, mais la concurrence locale y est très forte, ce qui complique beaucoup l’accès au marché. Finalement, le secteur de la gestion des matières résiduelles arrive en fin de liste en raison des différences importantes entre les besoins de la clientèle du marché de la gestion des matières résiduelles du nord-est des États-Unis et ceux de la plupart des clients actuels des entreprises québécoises du secteur.

L’accord sur les marchés publics conclu entre le Canada et les États-Unis en février 2010 a permis d’assouplir les clauses Buy American, donnant ainsi aux entreprises québécoises un accès plus étendu aux marchés publics sous-étatiques. Le secteur privé offre également de bons débouchés. Néanmoins, le marché étant très concurrentiel et difficile à percer, il est essentiel que l’entreprise québécoise élabore une stratégie détaillée et basée sur une analyse approfondie du marché avant de s’y lancer.

Voici quelques-unes des principales recommandations à ce sujet proposées par l’ECG Consulting Group (page 3 du sommaire du rapport) :

« Offrir des produits et des services qui répondent aux besoins de la clientèle et qui présentent des sources d’avantages concurrentiels uniques à des prix qui le sont tout autant. Ainsi, il sera possible de contrer toute perception protectionniste contre les entreprises étrangères.
Fournir au client des propositions différenciées pour leurs produits et leurs services, qui sont claires, concises, attrayantes et formulées dans le cadre d’une présentation professionnelle.
Lier étroitement les stratégies de marketing mises en place aux exigences de vente et de service du segment de marché ciblé.
Conclure des accords d’alliance stratégique, de coentreprise et de recherche de possibilités conjointes auprès d’entreprises américaines qui pourraient s’avérer nécessaires pour accéder à certains débouchés en raison des restrictions de financement ou des préjugés contre l’octroi de contrat à des sociétés étrangères. À titre d’exemple, la plupart des subventions, des mesures incitatives et des programmes mis en place par les États visent à soutenir les entreprises locales. Les entreprises étrangères n’y sont pas admissibles, à moins qu’elles ne forment un partenariat avec une entreprise locale ou qu’elles ouvrent un bureau sur place, dont 50 % des employés seraient des résidents de l’État.
Conclure des contrats de licence, au besoin. De tels contrats sont souvent exigés pour accroître l’accès aux marchés qui sont actuellement mal desservis. »

Bruno Séguin


28 avril, 2010

Un outil rentable pour le développement durable en entreprise

Entreprendre une démarche de développement durable est toujours rentable pour l’entreprise qui choisit de prendre le virage vert, mais il est parfois difficile de s’y retrouver.

Ainsi, faire le choix d’une démarche en développement durable permet aux entreprises d’augmenter leur productivité, de réduire le gaspillage et la consommation énergétique et par conséquent, d’être plus compétitives sur les marchés.

Mais, par où commencer? Une chose est certaine, il faut de l’aide et c’est ce que propose la formule Enviroclub. Un Enviroclub est un regroupement de 10 entreprises qui souhaitent implanter une démarche de développement durable afin de réaliser un projet individuel en entreprise. En plus de bénéficier d’un financement, les entreprises ont accès à 80 heures de consultation et d’accompagnement personnalisées pour permettre la mise en place de leur projet, et à trois ateliers de sensibilisation, le tout sur une période d’environ 10 mois.

Les projets admissibles à un Enviroclub :

  • Implantation de mesures d’écoefficacité sur les procédés
  • Substitution ou diminution de l’utilisation des substances toxiques
  • Optimisation de procédés de production et meilleure utilisation des ressources (matières premières, énergie, eau)
  • Amélioration des procédures d’exploitation et de maintenance
  • Recyclage ou réutilisation sur place des matériaux

Trois ateliers interactifs portant sur des sujets variés tels que :

  • L’écoefficacité
  • La performance environnementale, facteur de compétitivité et de rentabilité
  • L’identification et la sélection de projets d’écoefficacité rentables
  • Système de gestion environnementale
  • Planification des mesures d’urgence
  • Les gaz à effet de serre (changements climatiques) et l’écoefficacité énergétique

Vous avez un projet de développement durable pour votre entreprise et vous hésitez à le mettre en œuvre? Prenez avantage du nouvel Enviroclub, actuellement en cours de formation pour la région des 3L (Laval-Laurentides-Lanaudière), et qui débutera au courant de l’été.

Pour plus d’information ou vous joindre à l’Enviroclub 3L 2010, communiquez avec Maude Lauzon-Gosselin à mlauzongosselin@environaccess.ca.

Sophie Mainville