Dans ce troisième et dernier billet portant sur les marchés verts à travers le monde, je m’attarde cette fois-ci sur la Chine, un marché énorme, où les besoins environnementaux sont criants. En effet, comme le souligne l’étude réalisée par la firme Sinologik pour le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, les statistiques sur la situation environnementale en Chine sont alarmantes. Sinologik souligne par exemple, à la première page du sommaire de l’étude, que :
« La Chine et les États-Unis sont conjointement responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES).
80 % des villes les plus polluées au monde se situent en Chine.
75 % du secteur manufacturier chinois (le plus important secteur industriel en Chine) est alimenté par le réseau de centrales électriques au charbon.
Environ 80 % des égouts sont directement déversés dans les lacs et les rivières, ce qui engendre un sérieux accroissement du problème de pénurie d’eau douce et d’eau potable sur tout le territoire.
La Chine perd 2,3 % de son PIB annuellement, en raison de la pollution de l’eau douce et du manque d’eau potable. »
L’étude de Sinologik porte plus précisément sur les municipalités de Beijing et Tianjin et de la province de Liaoning, où on spécifie que les besoins les plus pressants se situent au niveau du traitement des eaux, de l’air et des déchets. L’expertise locale est notamment insuffisante dans la gestion des déchets alors que l’industrie du traitement des eaux offre des débouchés très intéressants pour les compagnies étrangères qui souhaitent y vendre leurs équipements, leurs technologies ou leur expertise.
Les secteurs les plus accessibles sont généralement ceux où l’on retrouve le plus grand pourcentage d’industries privées (ex. : matériaux de construction, électroménagers, machineries industrielles, etc.) et, dans une moindre mesure, ceux que le gouvernement veut développer (ex. : énergie solaire, éolienne et biomasse, hydroélectricité, traitement des eaux usées, etc.) sur lesquels un certain protectionnisme existe néanmoins. Les secteurs considérés comme stratégiques (ex. : réseau électrique, transport ferroviaire et aérien) sont beaucoup plus fermés.
L’étude conclue en suggérant aux entreprises québécoises de viser des villes de second et troisième ordre afin de contourner la forte concurrence étrangère qui sévit à Beijing et dans les grandes villes. Elle recommande également de se lier autant que possible à un partenaire local, d’envisager s’installer localement pour se rapprocher du marché et réduire ses coûts et d’adapter son offre pour répondre aux demandes spécifiques du marché.
Afin d’en savoir davantage sur les débouchés dans les différents secteurs industriels liés à l’environnement, consultez le site du Service des délégués commerciaux du Canada. On y retrouve cinq études sur le sujet, dont une qui traite de Shanghai et qui vient en quelque sorte complémenter celle sur Beijing et Tianjin réalisée pour le MDEIE.
Bruno Séguin
