19 mai, 2011

Exportation, Stratégies

Reprise de l’enthousiasme par rapport à l’exportation

Ces dernières années, les nouvelles positives sur l’état des exportations canadiennes se faisaient plutôt rares. Avec une récession aux États-Unis et un dollar canadien fort, il était devenu beaucoup plus difficile pour les PME canadiennes de se démarquer sur les marchés internationaux.

Dans un tel contexte, les experts encourageaient alors les exportateurs à diversifier leurs marchés et à développer les marchés émergents, où la croissance économique demeurait forte. Cependant, plusieurs exportateurs ont été hésitants à se lancer à la conquête des marchés étrangers plus distants et plus difficiles d’accès. Comme le développement de nouveaux marchés internationaux exige du temps et un engagement à long terme, ceux qui ont fait le saut ont dû attendre quelque peu avant d’obtenir des résultats significatifs. Pendant ce temps, la situation des exportations au Canada continuait de se dégrader et la reprise tardait à poindre.

Cependant, trois rapports publiés récemment laissent présager que les efforts investis par les entreprises canadiennes dans la diversification de leurs marchés d’exportation commencent à porter fruit et que les PME canadiennes sont de plus en plus ouvertes à l’internationalisation.

Tout d’abord, Statistique Canada dévoilait le 11 mai dernier les données sur le commerce international des marchandises du Canada pour mars 2011.  On y constate que l’excédent commercial du Canada a augmenté de 356 millions de dollars en février à 627 millions de dollars en mars porté par des exportations en beaucoup plus forte croissance que les importations. Ce sont des données très encourageantes sachant qu’en 2009 et 2010, le solde commercial du Canada avait été fortement déficitaire. Il est également intéressant de constater que la croissance des exportations de marchandises du Canada à destination des États-Unis n’a été que de 12,3 % entre mars 2010 et mars 2011, alors qu’elle a été de 21,6 % sur l’ensemble des autres marchés. En mars 2011, les États-Unis ne représentaient désormais le marché de destination que de 72,6 % des marchandises exportées à partir du Canada, alors qu’en 2005, ce pourcentage atteignait 81,8 %.

La veille, le 10 mai, EDC dévoilait, de son côté, ses prévisions printanières à l’exportation. Le titre du rapport, Les dividendes de la diversification, est en soi évocateur puisqu’il souligne clairement que la remontée des exportations au Canada découle en bonne partie d’un effort soutenu de développement de nouveaux marchés qui commence à donner des résultats. Dans le rapport, on mentionne d’ailleurs que de 2001 à 2008, bien que les marchés émergents aient constitué un petit segment, les ventes annuelles y ont augmenté de plus de 12 %, tandis qu’elles ne croissaient que d’un peu plus de 1 % sur les marchés traditionnels. On y souligne également que si la tendance se poursuit, les marchés émergents représenteront 20 % des exportations canadiennes en 2016, et presque 30 % en 2020. Selon ces prévisions, ce sont notamment les exportations vers les marchés émergents qui devraient pousser à la hausse les exportations canadiennes au cours des deux prochaines années.

Finalement, une étude réalisée par la firme Angus Reid pour le compte d’UPS Canada révèle que 73 % des 546 dirigeants de PME interrogés estiment que les entreprises canadiennes devraient consacrer davantage de ressources au développement des marchés internationaux en réponse à la force du dollar canadien alors que près des deux tiers des répondants se disent préoccupés par le déficit commercial récent du Canada. Plusieurs des répondants suggèrent notamment de réduire les barrières commerciales avec les autres pays afin de favoriser le commerce international. Ces résultats tranchent nettement avec ceux obtenus lors d’un sondage similaire réalisé à l’automne dernier par Léger Marketing, toujours pour le compte d’UPS Canada, dans lequel les dirigeants de PME canadiennes avaient démontré très peu d’enthousiasme par rapport aux échanges internationaux, à l’ouverture des marchés et aux occasions d’affaires sur les marchés émergents.

En conclusion, il est encourageant de constater que les exportations reprennent une place de choix dans la croissance économique du pays, que les exportateurs canadiens sont beaucoup moins dépendants du marché américain et que les PME comptent finalement profiter de cette reprise. Les prochaines années s’annoncent stimulantes.

Bruno Séguin

Une réponse :

Reprise de l’enthousiasme par rapport à l’exportation”

  1. Bruno Séguin dit :

    Alors qu’EDC prévoit une montée de l’importance des pays émergents comme marchés de destination des exportations canadiennes, le MAECI prévoit de son côté, dans son document « Le point sur le commerce 2011″ qu’en 2040, les États-Unis achèteront 75% des marchandises exportées canadiennes, ce qui en ferait encore de loin le principal marché d’exportation du Canada. Cette prédiction se base sur la proximité géographique et la taille imposante du marché américain qui en feront le marché de prédilection pour les exportateurs canadiens pour de nombreuses années à venir.

    http://www.lavaltechnopole.com/salle-de-presse/nouvelles-communiques.html?news=668

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