Archive pour mai, 2011

24 mai, 2011

Un bel exemple d’une entreprise qui a structuré sa démarche d’internationalisation!

Lors d’une récente rencontre du Réseau CAILT – exportation, Mme Johanne Boivin,  présidente et designer chez Joanel, a expliqué sa démarche d’internationalisation aux autres membres du réseau.

Joanel Inc. est la plus grande maison de sacs à main et d’accessoires au Québec et est reconnue  comme étant un des piliers de l’industrie du sac à main au Canada. Joanel Inc. opère sous quatre marques enregistrées et déposées : Ugo Santini, Joanel, Mouflon et Edgar & Sooky.

Lors de cette rencontre, Mme Boivin, alias Joanel, nous a expliqué la démarche d’internationalisation de Mercadex (DIM), qu’elle a entreprise en 2008 grâce à un projet mis sur pied par le Centre des affaires internationales de LAVAL TECHNOPOLE, en collaboration avec la firme Mercadex International. Cette démarche a permis à Joanel de se doter d’un plan d’affaires international tout en permettant à son équipe de bénéficier d’un transfert de savoir-faire, de pratiques et d’outils d’internationalisation. En se prêtant à l’exercice,  l’entreprise  visait à ouvrir la voie vers des marchés non traditionnels pour commercialiser ses produits, en se dotant de meilleurs outils de prospection et de ciblage sur la scène internationale. Une telle approche permet de choisir les marchés cibles en fonction de son type de produit plutôt que d’éparpiller ses efforts de développement au gré des occasions d’affaires.

Au terme de cette démarche, Joanel a décidé de prioriser les marchés scandinaves puisque les besoins des consommateurs sont similaires à ceux du Canada. Ceux-ci recherchent des sacs pratiques ayant un bon rapport qualité-prix. Un autre facteur expliquant le choix de Joanel vers les pays scandinaves est la concurrence sur les marchés européens, notamment en Italie et en France.  La stratégie de Joanel est de faire son entrée en Europe sur de plus petits marchés avant de pénétrer les marchés plus vastes.

Selon la présidente, Mme Boivin, il n’y a rien de mieux que de se déplacer pour pouvoir comprendre un nouveau marché. Lors d’une mission exploratoire en Suède suivant la DIM, Joanel s’est rendu compte que sa stratégie marketing n’était pas optimale pour réussir sur les marchés internationaux. Elle a également réalisé qu’un distributeur potentiel avec qui elle était en discussion ne partageait finalement pas les mêmes philosophies d’entreprise. Au lieu de se précipiter sur le marché suédois, Joanel a plutôt pris du recul l’an dernier pour travailler sur son image en modifiant les logos, en refaisant ses sites Internet pour les rendre transactionnels et en intégrant sa marque dans les médias sociaux. Elle s’estime maintenant prête à reprendre les démarches en Suède et sur d’autres marchés étrangers.

En conclusion, Joanel a fait ses devoirs afin de mieux préparer le terrain pour percer les marchés étrangers. Si vous êtes intéressé à en savoir plus sur la DIM, je vous invite à communiquer avec moi. Nous étudions présentement la possibilité d’offrir à nouveau ce programme de formation et coaching à l’automne 2011.

Pour en savoir plus sur la stratégie de diversification de Joanel je vous invite à consulter l’article suivant paru dans l’Écho de Laval en avril dernier.

Caroline Bouchard


19 mai, 2011

Reprise de l’enthousiasme par rapport à l’exportation

Ces dernières années, les nouvelles positives sur l’état des exportations canadiennes se faisaient plutôt rares. Avec une récession aux États-Unis et un dollar canadien fort, il était devenu beaucoup plus difficile pour les PME canadiennes de se démarquer sur les marchés internationaux.

Dans un tel contexte, les experts encourageaient alors les exportateurs à diversifier leurs marchés et à développer les marchés émergents, où la croissance économique demeurait forte. Cependant, plusieurs exportateurs ont été hésitants à se lancer à la conquête des marchés étrangers plus distants et plus difficiles d’accès. Comme le développement de nouveaux marchés internationaux exige du temps et un engagement à long terme, ceux qui ont fait le saut ont dû attendre quelque peu avant d’obtenir des résultats significatifs. Pendant ce temps, la situation des exportations au Canada continuait de se dégrader et la reprise tardait à poindre.

Cependant, trois rapports publiés récemment laissent présager que les efforts investis par les entreprises canadiennes dans la diversification de leurs marchés d’exportation commencent à porter fruit et que les PME canadiennes sont de plus en plus ouvertes à l’internationalisation.

Tout d’abord, Statistique Canada dévoilait le 11 mai dernier les données sur le commerce international des marchandises du Canada pour mars 2011.  On y constate que l’excédent commercial du Canada a augmenté de 356 millions de dollars en février à 627 millions de dollars en mars porté par des exportations en beaucoup plus forte croissance que les importations. Ce sont des données très encourageantes sachant qu’en 2009 et 2010, le solde commercial du Canada avait été fortement déficitaire. Il est également intéressant de constater que la croissance des exportations de marchandises du Canada à destination des États-Unis n’a été que de 12,3 % entre mars 2010 et mars 2011, alors qu’elle a été de 21,6 % sur l’ensemble des autres marchés. En mars 2011, les États-Unis ne représentaient désormais le marché de destination que de 72,6 % des marchandises exportées à partir du Canada, alors qu’en 2005, ce pourcentage atteignait 81,8 %.

La veille, le 10 mai, EDC dévoilait, de son côté, ses prévisions printanières à l’exportation. Le titre du rapport, Les dividendes de la diversification, est en soi évocateur puisqu’il souligne clairement que la remontée des exportations au Canada découle en bonne partie d’un effort soutenu de développement de nouveaux marchés qui commence à donner des résultats. Dans le rapport, on mentionne d’ailleurs que de 2001 à 2008, bien que les marchés émergents aient constitué un petit segment, les ventes annuelles y ont augmenté de plus de 12 %, tandis qu’elles ne croissaient que d’un peu plus de 1 % sur les marchés traditionnels. On y souligne également que si la tendance se poursuit, les marchés émergents représenteront 20 % des exportations canadiennes en 2016, et presque 30 % en 2020. Selon ces prévisions, ce sont notamment les exportations vers les marchés émergents qui devraient pousser à la hausse les exportations canadiennes au cours des deux prochaines années.

Finalement, une étude réalisée par la firme Angus Reid pour le compte d’UPS Canada révèle que 73 % des 546 dirigeants de PME interrogés estiment que les entreprises canadiennes devraient consacrer davantage de ressources au développement des marchés internationaux en réponse à la force du dollar canadien alors que près des deux tiers des répondants se disent préoccupés par le déficit commercial récent du Canada. Plusieurs des répondants suggèrent notamment de réduire les barrières commerciales avec les autres pays afin de favoriser le commerce international. Ces résultats tranchent nettement avec ceux obtenus lors d’un sondage similaire réalisé à l’automne dernier par Léger Marketing, toujours pour le compte d’UPS Canada, dans lequel les dirigeants de PME canadiennes avaient démontré très peu d’enthousiasme par rapport aux échanges internationaux, à l’ouverture des marchés et aux occasions d’affaires sur les marchés émergents.

En conclusion, il est encourageant de constater que les exportations reprennent une place de choix dans la croissance économique du pays, que les exportateurs canadiens sont beaucoup moins dépendants du marché américain et que les PME comptent finalement profiter de cette reprise. Les prochaines années s’annoncent stimulantes.

Bruno Séguin


17 mai, 2011

Parlons Asie

Dernièrement, j’ai assisté à une conférence sur l’Asie, organisée conjointement par Exportation Développement Canada (EDC) et le Conseil commercial Canada-Chine (CCCC). Les principaux conférenciers du matin étaient, entre autres, M. Peter Hall, vice président et économiste en chef chez EDC et M. David Fung, président du conseil de la CCCC. Celui-ci a illustré avec des exemples à l’appui, l’importance pour les entreprises canadiennes d’être présentes sur le marché chinois. Il a aussi expliqué que les entreprises qui choisissent de faire du surplace au Canada seront davantage menacées par leurs concurrents, que celles qui décident de prendre quelques risques en saisissant les opportunités offertes dans ce marché gigantesque.  M. Fung, lui-même un entrepreneur, conseille d’ailleurs aux entreprises exportatrices d’y intensifier leurs efforts pour compenser la faiblesse actuelle du marché traditionnel des États-Unis et prendre avantage de l’appartenance du Canada à la ceinture Asie-Pacifique.

Peter Hall abonde dans le même sens, tout en ajoutant que d’autres pays du sud-est asiatique offrent d’excellentes possibilités d’affaires, que les entreprises chinoises elles-mêmes exploitent. Par ailleurs, il est demeuré optimiste quant aux perspectives de croissance après l’accalmie qui a suivi la progression occasionnée par les stimuli gouvernementaux pendant la récession. Questionné sur la force du dollar canadien, Peter Hall a souligné qu’un dollar fort représente une raison de plus de diversifier ses exportations, bien que selon lui, cette situation ne durera pas longtemps. Il pense que dès 2012, notre monnaie pourrait se transiger un peu en dessous de la parité. En passant, avis aux intéressés, Peter Hall sera à Laval le 31 mai prochain dans le cadre de l’événement Parlons exportations organisé par Centre des affaires internationales, en partenariat avec EDC.

Ce qui a cependant retenu le plus mon attention c’est le témoignage d’un entrepreneur québécois qui a réussi, en quelques années, à implanter en Chine une usine autonome où travaillent 100 personnes et qui dessert le marché mondial, y compris celui de la Chine. Voici quelques conseils qu’il a donnés aux entrepreneurs qui cherchent à s’implanter en Chine :

1 – Créer une entreprise chinoise plutôt que canadienne. Le modèle de WOFE (Wholly Owned Foreign Enterprise) est la bonne formule dans ce cas. Éviter les JV (Joint Ventures) à moins que les deux parties apportent une contribution égale.

2 – Engager un bon dirigeant local, et bien le payer.

3 – Pour éviter de faire face à des demandes exagérées de la part des fonctionnaires, éviter les contacts directs pour les démarches réglementaires. Un employé local de confiance ferait mieux avancer les dossiers et ce à moindre coût.

4 – Fragmenter et compartimenter l’information pertinente afin de protéger la propriété intellectuelle.

5 – Avoir suffisamment de capital en place pour appuyer l’opération.

6 – S’assurer d’avoir un mécanisme efficace de transfert de fonds pour éviter des surprises et des ruptures de service. À cet effet, EDC peut être une bonne source d’aide.

7 – Ne pas transférer de vieilles technologies afin de se différencier et demeurer concurrentiel plus longtemps.

8 – Comme on est jamais sûr du passif environnemental, éviter de faire l’acquisition d’une autre entreprise ou d’usine existante en croyant faire une bonne affaire. Par ailleurs, une nouvelle entreprise avec un nom étranger est plus attrayante sur le marché chinois.

9 – S’attendre à ce que les autorités soient plus sévères dans leurs exigences de respect des règlements (environnementaux ou sociaux) avec vous qu’avec les entreprises chinoises existantes.

10 – Quoique le ratio d’ingénieurs chinois par rapport aux canadiens est de 40/1, le niveau d’expertise et la capacité d’innovation sont de loin supérieurs chez nous. Toutefois les ingénieurs chinois compensent ceci par leur travail acharné.

Le conférencier semblait très satisfait de sa décision de s’établir sur ce marché qui devenait un incontournable surtout que plusieurs de ses clients sont présents sur ce marché et qu’il fallait s’en rapprocher. C’est d’ailleurs le cas dans bon nombre d’entreprises qui font de plus en plus partie d’une chaîne d‘approvisionnement mondiale intégrée.

Dans un autre billet, je vous parlerai d’un autre atelier auquel j’ai participé sur le marché de l’Inde. C’est un marché qui offre beaucoup d’opportunités, mais aussi de nombreux défis.

Samir Naoum