Archive pour décembre, 2010

20 décembre, 2010

World Café – un outil de consultation efficace pour les organismes publics et les entreprises

Nous avons tenu notre premier World Café en septembre dernier. Qu’est-ce qu’un World Café ? C’est une approche innovatrice conçue pour générer des idées et de la créativité au sein des entreprises.

Quoique cette approche semble davantage utilisée dans les entreprises technologiques, nous l’avons appliquée à des secteurs plus conventionnels, c’est-à-dire à un organisme paramunicipal en quête de nouvelles idées auprès d’industries traditionnelles. Et à mon agréable surprise, ce fut un succès !

Nous avions réuni des entreprises manufacturières, des sciences de la vie et des technologies de l’information, afin de discuter avec elles sur quatre questions. Pour vous donner une idée du genre de questions que vous pouvez poser, je vous partage les nôtres :

  1. Les pays du BRIC représentent-ils une menace ou une opportunité ? Pourquoi ?
  2. Selon votre compréhension de l’économie mondiale, comment les entreprises peuvent-elles performer au cours des deux prochaines années ?
  3. Afin de favoriser la croissance de vos ventes à l’international, quel support le Centre des affaires internationales peut-il vous offrir ?
  4. Aimeriez-vous tirer profit de l’expérience des autres entreprises lavalloises présentes à l’international ?

D’une part, les entreprises ont apprécié la formule et les échanges qu’elles ont eus. D’autre part, nous avons appris sur elles dans le but d’adapter notre offre de service à leur réalité qui évolue.

Bref, je vous recommande fortement cette approche si vous souhaitez développer de nouvelles idées avec votre équipe, et vous rapprochez des besoins de vos clients et partenaires. Dans le contexte économique actuel, il est indispensable pour les entreprises et les organismes comme nous également, de se réinventer.

Enfin, merci à Pyxis d’avoir partagé cette approche avec nous !

Véronique Proulx


14 décembre, 2010

Stratégies pour faire affaire avec les magasins de grande surface aux É.-U.

Pour les PME québécoises, faire affaire avec les acheteurs de grandes surfaces peut être un rêve, l’équivalent de faire de l’argent. Malheureusement, ça peut aussi signifier une faillite si on omet de faire une bonne planification avant de traiter avec eux. L’année dernière, j’ai accompagné des représentants d’entreprises lavalloises à leur rencontre avec des acheteurs de magasins de quincailleries américaines. J’aimerais vous faire part de mes observations et de mes recommandations.

Stratégie de prix

Les acheteurs travaillent avec des fournisseurs du monde entier. Leur principal critère pour choisir un nouveau fournisseur est le prix. C’est pourquoi certains achètent jusqu’à 50 % de leurs produits en Chine. Il est très difficile pour les entreprises québécoises d’être concurrentielles, surtout en matière de produits pour les marchés de masse. De nombreuses rencontres ont commencé ainsi : Quel est le coût de vos produits livrés à notre entrepôt? Si votre coût n’entre pas dans leur fourchette de prix, les acheteurs ne sont plus intéressés même si vos produits sont de meilleure qualité.

Quand ils étudient une gamme de produits, par exemple, ils demandent à tous les fournisseurs de les étaler dans leur salle d’exposition. Puis les acheteurs se promènent et vous interrogent sur vos prix. Soyez donc prêt à répondre et à proposer des prix compétitifs!

Politiques de livraison

Quand vous négociez avec eux, ils vous donnent un délai de livraison précis. Si vous ne le respectez pas, attendez-vous à payer une amende. C’est pourquoi vous devez savoir comment soumettre votre documentation pour éviter les problèmes à la frontière.

Politique de rachat

Au cours de l’étude de la gamme, les grandes surfaces peuvent décider de remplacer leur produit actuel par le vôtre. Certaines quincailleries n’ont pas de politique de rachat et peuvent vous demander d’acheter le produit de votre concurrent si vous voulez faire affaire avec eux.

Politique sur les produits défectueux

Quand vous négociez votre contrat avec une grande surface, soyez conscient des conséquences de l’option que vous aurez choisie pour les produits défectueux. Cela pourrait réduire votre profit. Quand vous traitez avec eux, n’oubliez pas que vous devrez baisser votre marge de profit. Vous acceptez de vendre de grandes quantités, mais vous perdez sur les marges.

Ils ne vont pas vendre vos produits pour vous!

Les vendeurs n’ont pas le temps de vendre votre produit. Il doit donc être accompagné d’une stratégie marketing pour en faciliter la pénétration. Accordez une attention particulière à l’emballage, qui doit être clair et explicite. Je vous suggère d’élaborer une stratégie de vente qui les aidera à vendre votre produit. N’oubliez pas que certains magasins n’offrent aucune formation en vente. Ils ne sont donc pas en mesure d’informer leurs clients au sujet de vos produits. Soyez vraiment créatif avec votre stratégie et affectez un poste de votre budget à ce coût indispensable.

Enfin, faire affaire avec ces grandes surfaces n’est pas pour toutes les PME. Vous devez être bien préparé pour votre première rencontre et vous assurer que vous avez la capacité de production et la logistique de transport voulues pour une livraison efficace. Si vous désirez en savoir plus sur la façon de faire des affaires avec les détaillants de grandes surfaces aux É.-U., n’hésitez pas à communiquer avec moi.

Caroline Bouchard


13 décembre, 2010

Où en sont rendues les négociations sur l’Accord de libre-échange Canada-Union européenne?

Les statistiques de l’Union européenne (UE) démontrent que les échanges commerciaux  de produits et services entre le Canada et l’UE ont atteint 58,7 milliards € en 2009. Bien que le Canada importe plus de produits et services d’Europe qu’il n’en exporte,  l’UE représente tout de même aujourd’hui le 2e marché d’exportation, hors-États-Unis, autant pour le Québec que pour le Canada. Cependant, outre la distance géographique, de nombreuses autres barrières tarifaires et non tarifaires freinent les échanges entre les Canada et l’UE, qui ne représentent toujours qu’une fraction des échanges avec les États-Unis.

Dans un contexte où la récession américaine et la montée du dollar canadien poussent les entrepreneurs canadiens à se tourner de plus en plus vers des marchés d’exportation moins traditionnels, le renforcement des échanges commerciaux avec l’Europe ne peut être que bénéfique pour le Québec et le Canada. À titre d’exemple, une étude conjointe Canada-UE a démontré que l’élimination des principaux facteurs facilement quantifiables affectant le commerce bilatéral, entraînerait des retombées directes d’environ 12 milliards $ CAN pour le Canada.

Lors d’une conférence organisée le 10 novembre dernier par IE Canada, l’association canadienne des importateurs et exportateurs, j’ai eu l’occasion d’en apprendre plus sur l’état actuel des négociations entre le Canada et l’UE visant à mettre en place un accord de libre-échange. D’ailleurs, un des principaux conférenciers était Me Pierre-Marc Johnson, négociateur en chef pour le gouvernement du Québec dans les discussions avec l’UE.

Bien que plusieurs points s’avèrent plus complexes et délicats, comme les obstacles techniques, qui touchent entre autres à la certification des produits, à la mobilité de la main-d’œuvre et à la gestion de l’offre et de l’agriculture, les négociations progressent relativement rapidement et facilement. Les deux parties ont déposé leurs demandes et travaillent présentement à s’entendre à l’amiable sur chacun des points afin d’éviter les surprises au moment de déposer officiellement leurs offres réciproques. En ce sens, 90 % des tarifs ont déjà été négociés et tous les intervenants s’attendent à ce que les négociations se terminent d’ici la fin 2011.

L’entrée en vigueur d’un tel accord au cours des prochaines années offrira de nombreux débouchés très intéressants aux PME québécoises. De plus, il est probable que l’entrée en vigueur de l’accord coïncide avec une éventuelle reprise de la croissance économique en Europe, reprise dont nos entreprises pourront désormais plus facilement bénéficier. Gardez donc un œil sur l’Europe au cours des prochaines années et n’hésitez pas à nous faire part de vos projets. Malgré un éventuel assouplissement des barrières, l’Europe représentera toujours un énorme marché très complexe et diversifié, dont le développement exigera encore beaucoup de ressources et une stratégie solide. Il nous fera évidemment plaisir de vous assister dans vos démarches.

Par Bruno Séguin


9 décembre, 2010

L’importance de la propriété intellectuelle sur les marchés internationaux

J’ai eu la chance d’assister à une présentation intéressante qui touchait au rôle de la propriété intellectuelle lors de l’entrée sur un nouveau marché. La conférence était donnée par Me Neil Milton de Miltons IP, un cabinet spécialisé en propriété intellectuelle. J’ai retenu plusieurs idées pertinentes de sa présentation, dont en voici quelques-unes.

En premier lieu, Me Milton a précisé qu’il faut voir la propriété intellectuelle comme un outil à double fonction puisqu’elle permet d’un côté d’éviter de perdre de l’argent, en donnant des outils pour empêcher le vol, la copie ou autres violations, et de l’autre de générer de nouveaux revenus en facilitant l’exportation et la réalisation d’autres objectifs corporatifs. Le deuxième volet est intéressant puisqu’on néglige parfois que la propriété intellectuelle permet de valoriser monétairement une invention, des connaissances ou du know-how.

Avant d’entrer sur un nouveau marché, une entreprise qui enregistre un brevet, une marque de commerce ou un droit d’auteur, se donne les moyens de protéger ses droits sur la propriété intellectuelle et évite que quelqu’un d’autre ne l’utilise à sa place. Par exemple, si vous négligez d’enregistrer votre marque vous-même sur un nouveau marché, vous donnez la possibilité à un concurrent, ou même à votre distributeur ou partenaire local, d’enregistrer lui-même la marque localement. Ce dernier peut par la suite commercialiser lui-même sous cette marque, vous empêcher d’utiliser votre marque ou vous obliger à travailler exclusivement avec lui, dans le cas du distributeur.

Encore là, il est essentiel, avant d’entrer sur un nouveau marché de mener une étude exhaustive des brevets, marques de commerce et droits d’auteur afin de s’assurer que sa propriété intellectuelle n’appartient pas déjà à quelqu’un d’autre localement. Le site Internet de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle donne un bon point de départ, mais dans les faits, la propriété intellectuelle est un enjeu local, donc la recherche devrait être effectuée pays par pays.

Bien qu’il soit important d’enregistrer légalement sa propriété intellectuelle sur un nouveau marché, Me Milton insiste aussi sur l’importance, sur un marché étranger, d’implanter un système qui permettra d’assurer un contrôle sans avoir recours aux tribunaux. Ce système doit être mis en place dès le début des démarches sur le marché. À titre d’exemple, les contrats de licence ou de distribution doivent tout de même être très solides et complets pour vous donner des recours. Les ententes de non divulgation (NDA) doivent également être très élaborées et prévoir des clauses expliquant clairement la procédure à suivre si les négociations achoppent avant d’entreprendre une véritable relation d’affaires. Également, il ne faut pas hésiter à utiliser des moyens non contractuels pour empêcher une tierce partie de conserver ou d’utiliser la propriété intellectuelle, même si la relation d’affaire est rompue. Par exemple, il serait parfois préférable de fournir un accès sécurisé à un serveur au lieu d’envoyer de l’information critique par courriel.

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter la présentation de Me Milton sur le site d’EDC. L’inscription est gratuite. Me Milton traite plus en détails de différents sujets intéressants, dont la propriété intellectuelle sur Internet et en Chine. N’hésitez pas non plus à consulter un avocat spécialisé en droit international et en propriété intellectuelle avant d’entreprendre vos démarches à l’étranger, puisque toute erreur peut être très coûteuse. N’hésitez pas à nous contacter pour des références.

Bruno Séguin