C’est le 17 novembre dernier qu’avait lieu le premier Rendez-vous stratégique de Laval. L’un des objectifs de ce colloque était de proposer des solutions aux entreprises en situation de crise économique. Deux observations m’ont particulièrement marquées.
Dans un premier temps, le paneliste Denis Durand, de Jarislowsky Fraser, a souligné qu’une des raisons pour laquelle la crise ne se résorbera pas rapidement, est que les entreprises n’ont pas d’argent pour investir. On est porté à croire que les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) peuvent stimuler la reprise – leurs entreprises sont en meilleure condition que les nôtres – mais c’est faux. Il faut comprendre que le BRIC représente 21 % de l’économie mondiale, au même titre que les États-Unis. Le BRIC ne peut donc pas, à lui seul, compenser pour la reprise et ce, même si la demande locale demeure toujours forte dans ces pays.
Face à cette constatation, comment les exportateurs québécois peuvent-ils tirer leur épingle du jeu? Ils pourraient se retourner vers les pays du BRIC pour assurer leur développement, toutefois, la Chine et l’Inde ne sont pas des pays propices à tous les produits québécois. La solution n’est donc pas là.
Dans un deuxième temps, le paneliste, M. Afilalo de MEP Technologies, a interrogé M. Durand quant à l’impact, sur les exportations québécoises, de la hausse du dollar canadien et du prix des matières premières. Selon M. Durand, la situation ne s’améliorera pas et cela continuera de nuire aux exportateurs. En fait, il n’avait pas vraiment de solution concrète à proposer à nos exportateurs.
À la lumière de ces deux observations, j’ai été déçu qu’aucun intervenant sur le panel ne se prononce sur les solutions possibles pour les exportateurs. Que doivent faire les exportateurs s’ils veulent assurer leur pérennité et leur croissance?
En fait, nous sommes tous conscients que l’environnement économique a beaucoup changé, il est très concurrentiel. Les entrepreneurs ont tendance à se retourner vers le gouvernement et les banques et s’attendent à obtenir la même aide qu’ils ont reçu dans le passé, i.e. de l’argent pour assurer leur pérennité.
Hors, puisque l’environnement économique a changé, les entrepreneurs doivent également s’adapter. Une des solutions serait donc de mieux préparer et de mieux planifier son développement à l’étranger. Les banques ont raison de demander plus de preuves quant à la viabilité du projet des entreprises. Est-ce que les entrepreneurs sont prêts à entendre cette réalité? Je ne pense pas. C’est peut-être pour cette raison qu’aucun intervenant n’a présenté cette solution.
On peut toujours dire qu’un entrepreneur développe son marché en fonction de son intuition ou de son flair et qu’il n’a pas besoin de plan d’affaires. Toutefois, les trois entrepreneurs présents sur le panel, soit MEP, LAB Recherche et Jarry, Bazinet Avocats, ont tous de l’intuition et de l’expérience dans leur industrie, mais ils ont également un plan bien défini et en conséquence, connaissent beaucoup de succès à l’étranger. Est-ce que la clé du succès serait une bonne planification de son développement à l’international?
