Le 21 septembre dernier, j’assistais à un séminaire organisé par les Manufacturiers et exportateurs du Québec, qui avait pour objectif la présentation des opportunités d’affaires et des perspectives d’avenir en Inde. De plus, le PM a profité de l’occasion pour lancer la mission Québec-Inde 2010, qui se tiendra du 31 janvier au 6 février 2010.
J’aimerais partager avec vous les commentaires que j’ai retenus des entrepreneurs québécois qui ont réussi sur ce marché. Parmi les témoignages d’entreprises, il y avait ceux de MPB Communications et EXFO (technologies de l’information), SNC-Lavalin et Premier Tech (infrastructures, énergie et environnement) et CAE et CVTECH (aéronautique). Tous ces entrepreneurs sont unanimes pour dire qu’il y a beaucoup d’opportunités sur ce marché.
Voici deux exemples de réussites sur ce marché complexe.
- CAE exporte en Inde depuis 1971. Au départ, les ventes étaient directes. En 2004, CAE choisit de s’implanter sur le marché et ils sont passés de 13 à 320 employés en 2009. Selon M. Marc St-Hilaire, vice-président, technologie de base, pour avoir du succès en Inde il est important d’établir de bonnes relations avec le gouvernement et les partenaires locaux. De plus, s’implanter en Inde leur a permis d’avoir un point de contact direct avec le marché.
- CVTech a été approché par Tata Motors principalement pour son expertise afin de développer les pièces de transmission à variation continue (CVT) pour le véhicule NANO. Selon M. Alain Charest, vice-président, le potentiel du marché est énorme puisque le gouvernement y investit beaucoup, la langue anglaise facilite les négociations et les salaires sont peu élevés pour de la main-d’œuvre qualifiée.
Malgré les nombreuses opportunités en Inde, ce marché comporte plusieurs défis. En effet, la bureaucratie peut rendre les négociations très complexes et lentes. L’Inde a un système de lois et de taxation très lourds. Il faut donc privilégier une approche régionale et non globale du marché indien. En effet, chacun des 28 États comporte ses spécificités. Plusieurs consultants sur le marché sont disposés à vous aider, mais ce ne sont pas tous ne possèdent pas les compétences requises. Informez-vous auprès des autorités canadiennes en Inde pour des références. Au niveau de la main-d’œuvre indienne, il y a un fort taux de roulement. Environ tous les 5 ans, il y a un taux de roulement complet des employés d’une entreprise. Les infrastructures sont inadéquates au niveau du réseau routier, des infrastructures portuaires, des aéroports, du réseau ferroviaire et des infrastructures urbaines. En ce qui a trait à l’énergie, la demande indienne dépasse l’offre depuis plusieurs années. Les pannes électriques sont donc fréquentes.
Outre ces défis, voici quelques particularités de la culture indienne qu’il faut considérer :
- La notion du oui (un oui en Inde ne veut pas systématiquement dire oui)
- La notion du temps est très différente (la vitesse d’exécution est beaucoup plus lente)
- Le cellulaire est roi et maître lors des rencontres d’affaires (il n’est pas fermé)
- Le processus de négociation est beaucoup plus lent
- La famille et la religion occupent une place importante dans la vie des Indiens
- Le système de caste se fait sentir même s’il a été aboli il y a plusieurs années
- La collectivité prône sur l’individu
- La hiérarchie dans une entreprise est très importante, donc il y a moins de place pour l’initiative.
En conclusion, il existe plusieurs opportunités pour la PME québécoise en Inde, mais également plusieurs défis. Donc, avant de se lancer sur ce marché, la PME doit évaluer si les bénéfices qu’elle pourra en retirer sont supérieurs aux efforts qu’elle devra fournir pour développer le marché indien.
Pour en savoir davantage sur le marché indien, je vous invite à consulter le guide d’EDC sur comment faire affaire en Inde et de prendre connaissances des statistiques suivantes :
- L’Inde est appelée à devenir une des quatre premières économies mondiales d’ici 20 ans. La population indienne correspond à environ 1,166 milliards (est. 2009) et augmente d’environ 1,6 % par année.
- Environ 50 % de la population est âgée de moins de 25 ans et est très scolarisée. À titre d’exemple, chaque année, 300 000 ingénieurs et 1 000 000 d’informaticiens sortent des universités indiennes.
- En Inde, il y a un bassin énorme de main-d’œuvre qualifiée parlant anglais.
- La classe moyenne compte environ 300 millions de consommateurs et devrait représenter 41 % de la population d’ici 2025 soit environ 600 millions de personnes.
- L’Inde a été moins affectée que la plupart des économies face à la crise financière due à son système bancaire solide, sa forte consommation interne (environ 60 % de son PIB) et la réponse monétaire et fiscale rapide et agressive du gouvernement. Actuellement, celui-ci investit massivement dans divers secteurs d’activité. Par exemple, au cours des 5 prochaines années, le gouvernement investira 500 milliards de dollars dans les infrastructures.
- Il y a plusieurs secteurs où il y a un fort potentiel pour les entreprises lavalloises telles que l’énergie/environnement, les infrastructures, l’aéronautique et les TIC.
Si vous voulez en savoir plus sur un secteur en particulier, je vous invite à poser vos questions sur le blogue.